samedi 13 septembre 2008

Traité sur la tolérance


Ce n’est donc plus aux hommes que je m’adresse ; c’est à toi, Dieu de tous les êtres, de tous les mondes et de tous les temps : s’il est permis à de faibles créatures perdues dans l’immensité, et imperceptibles au reste de l’univers, d’oser te demander quelque chose, à toi qui as tout donné, à toi dont les décrets sont immuables comme éternels, daigne regarder en pitié les erreurs attachées à notre nature ; que ces erreurs ne fassent point nos calamités.
Tu ne nous as point donné un cœur pour nous haïr, et des mains pour nous égorger ; fais que nous nous aidions mutuellement à supporter le fardeau d’une vie pénible et passagère ; que les petites différences entre les vêtements qui couvrent nos débiles corps, entre tous nos langages insuffisants, entre tous nos usages ridicules, entre toutes nos lois imparfaites, entre toutes nos opinions insensées, entre toutes nos conditions si disproportionnées à nos yeux, et si égales devant toi ; que toutes ces petites nuances qui distinguent les atomes appelés hommes ne soient pas des signaux de haine et de persécution ; que ceux qui allument des cierges en plein midi pour te célébrer supportent ceux qui se contentent de la lumière de ton soleil ; que ceux qui couvrent leur robe d’une toile blanche pour dire qu’il faut t’aimer ne détestent pas ceux qui disent la même chose sous un manteau de laine noire ; qu’il soit égal de t’adorer dans un jargon formé d’une ancienne langue, ou dans un jargon plus nouveau ; que ceux dont l’habit est teint en rouge ou en violet, qui dominent sur une petite parcelle d’un petit tas de la boue de ce monde, et qui possèdent quelques fragments arrondis d’un certain métal, jouissent sans orgueil de ce qu’ils appellent grandeur et richesse, et que les autres les voient sans envie : car tu sais qu’il n’y a dans ces vanités ni de quoi envier, ni de quoi s’enorgueillir.
Puissent tous les hommes se souvenir qu’ils sont frères ! Qu’ils aient en horreur la tyrannie exercée sur les âmes, comme ils ont en exécration le brigandage qui ravit par la force le fruit du travail et de l’industrie paisible !
Si les fléaux de la guerre sont inévitables, ne nous haïssons pas les uns les autres dans le sein de la paix, et employons l’instant de notre existence à bénir également en mille langages divers, depuis Siam jusqu’à la Californie, ta bonté qui nous a donné cet instant.

Voltaire

vendredi 12 septembre 2008

Le silence et la mort

Encore une journée seule dans le silence, sans mot, sans échange, soupira t’elle !
Depuis de trop longues années, elle ne conjugue plus le verbe être invitée et inviter.

Elle regarde ses fauteuils aux bras si accueillant qui ne reçoivent plus personne, privés de présence eux aussi.

Combien de fois s’est-elle demandée à quoi servent ces verres, ces nappes qui dorment tranquillement dans le meuble dont la porte ne grince plus, fermée par le vide de sa vie de solitude.
Combien de fois a t’elle eu l’envie de tout jeter objets inutiles aujourd’hui.

Elle ne dresse plus de table, ne sert plus d’apéritif, a oublié le goût d’une sauce mijotant pour ses amis, a perdu le sourire du plaisir d’ouvrir sa porte.
La sonnette elle aussi est muette sous le doigt de ses amis absents.

Tous ses amis se sont brutalement évanouis dans le silence des années.
Tout a commencé lorsque son mari est parti, brutalement lui aussi, sans prévenir de sa fuite organisée depuis plus d’un an.
Elle perd un mari, un statut social, future femme divorcée…
Si au début, il y a eu de la compassion, elle est devenue celle «qui dérange la table». Ces paroles ont sonné le glas de son amitié vieille de 20 ans et a décidé de ne plus s’imposer ; acceptée dans un tête à tête avec le couple mais, en société, femme célibataire, elle pourrait faire son marché chez les maris de ses amies.
Ses amies ont eu peur qu’elle agisse comme elles.

Jusqu’au jour où elle a dû s’inscrire au ASSEDIC.
Lors de conversations, elle a pris conscience qu’en perdant son travail, elle a aussi perdu, aux yeux de ses amis, la mémoire de ce que veut dire «travailler».
Elle est devenue idiote, au courant de rien, et, régulièrement coupée de ses affirmations ; on lui fait comprendre, qu’en ne travaillant plus, elle est devenue amnésique de toutes réflexions, de toutes réalités de la vie.
Elle se rend compte aussi qu’elle n’a jamais été prise au sérieux. Déjà, lorsqu’elle avait décidé de retravailler, on lui a demandé pourquoi une femme de médecin travaillerait ?
La femme du médecin qu’elle était ne supportait plus d’entendre les conversations de ses amies dont le sujet unique était les vomis, les diarrhées, les beuh, beuh de leurs rejetons. Comme si devenir mère enlève tout autre discussion, que l’arrivée d’un enfant ôte à la femme une réflexion autre que celle des couches, du biberon, du rôt non fait.

Et puis, elle se retrouvait dans la même situation que celle qui l’a (mal)élevée. Combien de fois en rentrant du collège, elle avait dû en plus de ses devoirs, faire travailler sa petite sœur, lui donner son bain, faire à manger, mettre la table, parce que madame sans travail était au bridge, au tennis ou dans le lit de ses amants qui lui faisaient oublier l’heure.

Il n’était pas question pour elle de devenir cette femme oisive, ses enfants, attendre le retour de son mari qui travaille, bridger, jouer au tennis, penser aux invitations à faire, tricoter, coudre, faire du piano, de la peinture, ou courir.
Elle aimait par dessus tout s’occuper de ses enfants, jouer avec eux, leur raconter des histoires, les emmener au jardin. Elle pensait que travailler c'était exister.

Elle se souvient de sa fierté d’annoncer à un ami d'être l'attachée parlementaire d’un sénateur. La réplique cinglante, encore aujourd’hui elle ne l’a pas comprise :
- toi ? Attachée parlementaire, tu en es incapable, pourquoi toi ?
A l’époque, cela l’a blessée, se pensant incapable de rien.

Son dernier poste (avant ce chômage qui l’a coupé de toute vie sociale) jamais personne ne lui a dit que c’était bien, dans le sens, super. Elle, si étonnée lorsque l’on lui a demandé si elle acceptait d'être responsable du service de presse.
Elle a failli se retourner pour savoir à qui s’adressait cette demande, seule dans le bureau, c’était bien à elle que cette demande était faite.
Elle a dit oui, sans savoir si elle en était capable. Occultant ses qualités, ses capacités de travail, cette responsabilité ne lui était pas offerte sur sa seule bonne mine.

Aucun de mes amis ne l’a félicitée.
Lorsqu’elle s’est retrouvée à pointer au chômage, le fil que qu’elle tentait de garder tendu depuis des années avec ses amis à cassé.

Ses amis n’ont pas supporté sa déchéance, qu’elle a osé montrer, au fur et à mesure des mois, des ans, ils ont fui, sans donner de raison.
Elle, connaît leurs raisons.

Changement de vie qui ne tolère pas de témoin, surtout si ces amis ont eu, un jour besoin d’elle.
Disparus, ne prenant plus la peine de rappeler aux messages laissés sur leur répondeur. Jusqu’au jour où elle a décidé de ne plus téléphoner, sachant qu’en réponse elle aurait le silence, le vide de l'absence.
Avec le recul, elle se rend compte qu’elle les a aidés, une dernière fois, en ne les contactant plus, ils n'avaient plus à se justifier de leurs silences, de leurs absences dans la fuite.

Certains jours, elle regarde ses silencieux, les prend, en leur parlant ; vérifie leur fonctionnement, les repose sur leur socle, triste, résignée, ses téléphones eux aussi sont devenus muets.
Lorsque celui de la maison sonne, elle écoute, surprise, heureuse, il y a quelqu’un qui va lui parler. La surprise est courte, l’erreur s’excuse de ce dérangement.
Pas de famille pour prendre de ses nouvelles, plus d’amis désirant raconter leurs joies ou tracas.
Seuls ses enfants lui téléphonent et elle répond toujours enjouée, ne laissant jamais transparaître la détresse de la solitude.
Elle remarque dans sa vie vide de contact, de tendresse que même les animaux, en ont besoin. Le vieux chat l’appelle en miaulant, juste pour vérifier qu’elle est là, plongeant le museau dans sa gamelle qu’après quelques caresses qui le font ronronner très fort.
Le chien qui vient lui aussi demander une caresse, un contact.

Elle a oublié la tendresse, enfoui son souvenir afin de ne souffrir de la sécheresse de sa vie, sans amour, sans partage, sans contact, sans mot, sans rire.

Si au début de cette débâcle humaine, elle s’est révoltée, en pleurant sa détresse, tentant de comprendre ce qu’elle a fait pour que ses amis lui tournent le dos, aujourd’hui elle ne pleure plus.
Son cœur n’est pas sec. Non, mais elle a monté une barrière qui la protège de ce vide de contact, de ce puits sans fond de silence qui l’entoure et l’anéantit.

Souvent elle regarde son piano, silencieux parce qu’elle n’a plus envie de s’y asseoir. Soulever son couvercle, choisir une partition est devenu un gros effort, casser le silence qui l’entoure est douloureux.
Elle envisage depuis un moment de s’en séparer, à quoi sert un piano s’il n’émet pas de son ? Il n’est pas fait pour trôner dans une pièce, tel un objet posé sur une étagère.
Il ne vit plus lui non plus, ne vibre plus. Incapable de peindre ou de dessiner trop gros effort, trop nulle.

Ecouter de la musique devient douloureux, le silence dans lequel elle vit malgré elle, ne désire plus être dérangé même par Mozart ou Brahms.
Le silence devient son tombeauil s'est installé sans y être invité, sournoisement comme un pique-assiette.
Elle a bien tenté de le mettre dehors, il lui colle à la peau et, malgré ses luttes, ses ultimes tentatives de rompre ce silence, elle le laisse faire maintenant, n’ayant plus le désir de se battre contre ce silence lourd de non vie qu’elle n’a pas choisie.

Elle est consciente de son incapacité à ne plus rien pouvoir faire, le poids de sa solitude l’entraîne à ne plus avoir d’envie.
L’envie ne se produit pas par les autres, mais, les mots, les rires, les paroles partagés sont vie, moments de joie, de complicité dont elle a perdu le sens.
Le silence du vide de présence qui l’entoure la fait mourir lentement. Elle fait semblant de vivre, mais elle seule le sait.
En la croisant, son bonjour ne laisse rien paraître de sa détresse.
Elle n’existe plus, comme si elle s’était transformée en un caméléon, fondu dans le paysage sans le voir.

Souvent elle se dit transparente, puisque plus personne ne la voit, elle se compare à une vitre, qui n’arrête pas le regard de ceux qui ne veulent plus la voir.
A la différence, c’est que le verre d’une fenêtre salie par une crotte de mouche, se nettoie.
Elle est moins qu’une crotte de mouche, puisque la tâche noire de l’absence d’amis s’agrandit au fil des années, rétrécissant sa vie, empêchant la lumière de la vie d’entrer. personne ne désire plus nettoyer cette vitre.

Elle ne peut plus entendre le silence des autres, épuisée par ses questions sans réponse : qu’a t’elle fait ?
Que n’a t’elle pas fait ?
Qui répondra un jour, crevant l’abcès du vide de réponse qui l’empoisonne, la mène vers le néant ?

mardi 2 septembre 2008

Le bluzz du gardien

J’ai encore oublié d’éteindre la lumière !
Tant que ce n’est pas la lanterne !!!

Comme si en laissant cette loupiote allumée dans le quart, je laissais la vie derrière moi, refusant de laisser dans le noir de sa future solitude ce phare que j’aime tant.

On ne devrait pas s’attacher à un phare.

Pas le courage de remonter. L’arthrose me fait souffrir ce matin. J’ai trop humé l’air salé, c’est pas bon pour les os, m’ont dit les docteurs ; pour les os et le bois, je le vois bien, les portes l’hiver elles gonflent, comme mon genou.

Jules va râler ce soir, va me faire la remarque :- t’as encore oublié d’éteindre la lumière !!!!!!

298 marches à remonter pour éteindre cette veilleuse et puis, faut que je file avant la marée et me reposer des visites.Trop de touristes depuis juillet, faut dire, qu’on est connu, ils viennent nous voir de loin, y’en a plus de gardiens de phares ; alors, font des photos pour nous coller dans leurs albums de vacances.

Profitez-en, on nous renvoie, automatique, maintenant le phare, plus besoin de nous, on coûte trop cher !Mais, qui va se soucier du phare ? Qui va en faire le tour, le nettoyer, l’écouter dans la tempête ?

Cette nuit, les vents ont soufflé, ça annonce l’automne, passerons-nous l’hiver, ou ils vont vraiment nous mettre dehors en décembre ?

Je ne vais pas remonter, je dirai à Jules que j’étais trop triste à l’idée d’abandonner le phare. Je sais qu’il va me comprendre, parle pas beaucoup, mais, il est aussi triste que moi à l’idée de ne plus allumer la lanterne.

J’ai encore oublié d’éteindre la lumière, je la laisse derrière moi.Lumière du souvenir, petite lampe nostalgique que je n’arriverai pas à débrancher complètement, qui ne remplacera jamais nos veillées à la splendeur de la lanterne que nous avons tant de fois allumée.
Août 2008, selon la consigne de Kaléïodplumes pour les deux derniers gardiens de phare à Cordouan

lundi 18 août 2008

Héritage

Mon «allô» et mon rire ont rappelé ceux de Solange, à ma cousine.
J’avais oublié cet héritage.
Héritage silencieux, douloureux, j’aurais préféré qu’elle me transmette par son regard qu’elle voulait me voir, me connaître.

A quoi m'a servit le leg de cette mère qui a refusé de me parler, il n’y a qu’elle qui pouvait me donner son histoire, ses souffrances de femme et de mère.

Le voulait-elle ce contact ? Elle, qui n’imaginait pas que son moteur allait caler.
Caler définitivement sans pouvoir repartir et relancer ce corps dont l’esprit était si douloureux et si triste.
Son cœur meurtri a abandonné, a lâché sans la prévenir.

Je n’ai pas pu la consoler et cela me fait mal. Elle n’a pas voulu me faire par-tager ses douleurs.
Son âme a dû s’envoler, surprise, regardé ce corps, en se demandant ce qui se passait et le quitter lui si douloureux sous les coups reçus de sa vie.

L’héritage s’était fait depuis longtemps, sans que je le sache. Sa vie qui malgré la distance a marqué d’une façon indélébile ma façon d’être et de penser.
Savait-elle de son vivant, en me revoyant dans ce café sinistre à Paris, en m’entendant trois ou quatre fois au téléphone, en regardant mes photos, que j’étais son double physique et, que le son de ma voix, l’intonation de mes mots, l’éclat de mon rire les pas de ma marche étaient les siens ?

Je voudrais dire à l’aide d’un stylo, à ses enfants à mes filles qui l’ont jugée, que sa vie était souffrance de m’avoir laissée en consigne, pensant qu’un jour elle viendrait me reprendre. Qu’elle n’avait pas abandonné la lourde valise que j’étais, juste un dépôt, pas un oubli.

Mais ces mots que je voudrais offrir à sa mémoire seraient aussi pour Elle, pour lui dire que je ne savais pas, et que c’est pour cela que je n’ai pas pu la consoler, l’entourer de mes grands bras.

Moi l’enfant abandonnée, je voudrais écrire le livre de ma mère, moi qui n’ai pas eu le bonheur de savoir que ma mère m’avait cachée dans le secret de son cœur.
Moi sa fille française qui n’ai pas connu la douceur de ses mots, de ses caresses ; je voudrais lui offrir le livre de sa vie, pour que ses enfants et petits enfants sachent qu'elle n’a pas été une mère indigne pour moi.
Que ces mots qui seraient couchés, soient une trace indélébile, gravée sur du papier pour que personne n’oublie : elle a été ma mère et je ne le savais pas.
Que son mari l’a volé à moi et que non, elle n’était pas une putain, seul message qu’elle m’a transmis par ma fille, lors de leur rencontre à Bogota.

Elle ne pouvait pas se battre, trop loin, trop seule, trop battue, trop tenue par le chantage de son mari, qui voulait délivrer son secret à sos enfants.

Ses enfants oh combien fautifs !
Ils ne m’ont rien dit lorsqu’en octobre 1992, deux d’entre eux sont venus chez moi pour me connaître. Ils sont venus me voir comme une bête curieuse, plus que comme leur sœur, la fille française de leur mère. Ils ne m’ont pas parlé de ses souffrances, des coups reçus par leur dictateur de père, rien dit de sa vie colombienne, si triste, si douloureuse.

Un mot de leur part et, je serai allée la voir, lui parler, la consoler de mon abandon, lui dire ce qu’elle n’a jamais su décrypter au travers de mes lettres : je ne l’avais jamais haïe, je l’avais toujours cherchée, voulue, désirée, aimée.

Ces mots qui formeraient des pages pour délivrer sa souffrance de femme et de mère.

Moi l’enfant qu’elle a oubliée, je l’ai vue rire et bouger au milieu de ses huit enfants sur une pellicule noir et blanc.
Ce noir et blanc qui a fait exploser ma souffrance d’enfant du manque de mère, de la noirceur du sans amour, qui a fait remonter une bouffée d'amour pour elle, que j'avais toujours enfoui.
Mais je savais peut-être, depuis le jour où elle m’avait laissé en consigne à Versailles qu’elle ne voulait pas m’abandonner.
A moi son enfant oublié, elle m’a légué sa ressemblance physique.
Pourquoi à moi ?
Moi l’abandonnée, je ressens ce besoin de lui dire que sa vie de souffrance a été aussi en partie de ma faute et que je sors de ma consigne pour aller la délivrer.

Je suis allée en Colombie alors qu’elle avait déjà quitté ce pays, sans savoir qu’un jour, j’irais la chercher dans l’absence physique.
Bien sûr j’aurais préféré trouver au bout de ma re-cherche, elle, ma mère m'accueillant physiquement.
Les secrets de sa souffrance l’ont empêché de m’ouvri ses bras qui n’avaient jamais pu me serrer.
Mutilée le jour où elle s’est mariée, son mari lui a coupé les bras afin qu’elle ne puisse plus jamais m’entourer.
Lui, chirurgien-massacreur savait qu’il l’emprisonnerait, elle, victime de sa barbarie, afin que plus jamais elle ne soit ma mère.
Elle a toute sa vie caché sa douleur de mère emprisonnée au pays de l’El Dorado, riche de ses douleurs seulement.

Trop muette, trop longtemps enfermé dans la souffrance, son cœur en a explosé sans prévenir un matin d’octobre.
Ce jour là, elle m’a encore abandonnée, elle n’y était pour rien.
C’était l’heure, l’horloge de la vie l’avait décidé son âme le savait, son esprit à dû suivre, étonné de ne pas avoir fini sa vie, de ne pas avoir pu prendre sa liberté.

Trop tard pour notre rencontre physique, trop tôt pour que je puisse la perdre encore.
C’est pour cela que je suis allée la chercher dans les paroles et regards de ses enfants dont elle ne m’avait jamais vraiment parlé ; elle trop coupable de m’écrire sa vie de mère.

Dans ce pays où elle s’est perdue, loin de moi, moi avec cette soif inassouvie de la connaître, de savoir, savoir qui elle était et pourquoi elle m’avait abandonnée.

Elle m’a volontairement oubliée le jour de mes un an, dans une consigne, pensant revenir me chercher.
J’ai ouvert cette porte fermée depuis si longtemps en allant la chercher en Colombie.
Elle détient encore la clé de ma délivrance qui ouvrira ma rencontre avec elle et me permettra de définitivement jeter le ticket sur lequel il a été écrit : abandon.

Mai 2005

vendredi 15 août 2008

Transmission

Porte ouverte année 1998 C.F.
Peinture à l'huile

A toi ma mère qui ne m’a rien appris
A toi ma mère qui ne m’a rien transmis
A toi ma mère qui ma tout laissé faire
A toi ma mère qui m’a laissé tel un bateau échoué
A toi ma mère qui ne m’a jamais consolée
A toi ma mère qui m’a tant manqué
A toi ma mère qui m’a seulement légué,
Ta tristesse dans le vert de mon regard
Ton éclat de rire dans ma gorge
Ta marche dans mes pas
Tes mots dans ma voix

Tu ne m’as légué que tes gènes
Tu m’as ôté toute vie d’amour
Tu m’as laissé tes huit enfants
Tu ne leur pas appris à m’aimer

Tu m’as laissé seule un jour
Tu m’as laissé seule une vie
Je t’ai cherchée
Je ne t’ai jamais re-trouvée
J’ai toujours eu mal de toi

Le mot maman m’a écorchée
Le mot aimer, tu ne me l’as jamais conjugué
Trop tard j’ai su que tu ne m’avais jamais oubliée
Trop tard j’ai su que tu m’avais toujours aimée

Tu m’as transmis le vide
En m’oubliant un jour
J’ai attendu vainement
Qu’un jour cette porte que tu avais fermée
S’ouvre par toi, maman.


27 mai 2007

vendredi 8 août 2008

L'amitié

Perdue dans les méandres de la vie lorsque l'ami (e) n'a plus besoin d'amis (es) les anciens amis les gênant dans leur nouvelle vie.
Aux amis aux vrais, à ceux qui n'existent plus, à ceux qui ne sont pas.

mercredi 6 août 2008

Illusion des mots et du temps


" …parfois les mots ne sont pas utiles.
…le temps et les mots quelle
illusion !!!"

Partant de cette affirmation, qui m'a été écrite, m'étonnant du silence à des courriels, au refus de répondre au téléphone, je me demande à quoi servent les mots ?

Si pour "les spirituels", les mots sont illusions il est utile de définir si ce sont les mots que l’humain écrit, peu importe la forme, il écrit : un livre, une lettre, un poème, une réponse à un message, une article dans un journal, et toutes autres formes d’écriture.
Mots écrits dans l’instantané, dans la réflexion, mots qui existent pour la personne qui les écrits pour ceux qui les lisent, les reçoivent.

Si les mots écrits "...ne sont pas utiles, parfois, si ils sont illusion », l’écriture ne sert plus à rien, il faut arrêter d’écrire ; l’écriture est formée de mots.

Fut un temps où l’écriture était dessins, et, si toutes ces écritures n’avaient pas été, nous serions complètement ignares quand aux civilisations qui nous ont précédées et nous permettent de comprendre par exemple, leur spiritualité qui pour certains réfutent les mots.

Nous apprenons, nous nous informons par les livres, les écrits, cela nous permet d’avancer aussi sur le chemin de la spiritualité, tous ces mots ne venant pas forcément d’êtres de lumière ou de l’âme et pourtant.

Partant de ce constat, l’échange par les mots n’a plus sa raison d’être.

Fini, de donner des nouvelles, par lettres, ou par courriel ; ces nouvelles étant dans le temps et avec des mots qui ne sont donc, qu’illusion et parfois inutiles.
Fini d’échanger verbalement aussi, puisque le mot passe par la voix pour être.
Donc, il faut fermer la porte du mot verbal et ou écrit, pour s’installer dans le silence.

Fini d'écouter des chansons qui sont des mots mis en musique.

Si les mots, parfois, ne sont pas utiles, qui définit ce «parfois» ?
Forcément celui qui décide d’être dans le silence et donc, refuse de répondre à la parole et au mot reçus de l’autre.
Dialogue fermé ainsi que la porte de l’échange, sous prétexte que ces mots ne viennent pas de l’âme ou d’êtres de lumière ?
Quand ces mots ne sont-ils pas illusions et utiles ?
Ma réponse serait, uniquement lorsqu’ils viennent de l’âme, d’êtres de lumière, puisque les mots de l'humain sont "parfois inutiles et illusion".
Si je suis en partie d’accord avec cela, qu’en est-il pour les personnes qui n’ont que leurs mots qui ne passent ni pas l’âme ni par les êtres de lumière ?
Ils deviennent donc : illusion et parfois inutiles ? Et par la même l'humain qui écrit ou parle pour échanger est rejeté, comme ses mots écrits ou verbalisés.

Deviennent-ils utiles uniquement dans un contexte de spiritualité, pour ne partager que les mots de l'âme ou des êtres de lumière ?
C’est peut-être pour cela que tant de sites de spiritualité ont peu de réponse, tant de personnes n’ont que leurs mots, avec leurs maladresses d’écritures, pour essayer de « dialoguer », de comprendre.

Qu’en est-il des personnes qui écrivent ou téléphonent (le mot verbal est si important) pour avoir un échange, des nouvelles, des conseils, des petits rien qui font la vie de l’humain en dehors de l’âme ?

Tout cela devient donc inutile et peu importe l’autre qui demande des nouvelles (santé, deuil, enfants, blablas qui font l’échange humain). Par ce silence volontaire sous le prétexte que ..."parfois les mots sont inutiles et illusion"c'est l'irrespect total de la personne qui écrit et parle, c'est effacer, c'est considérer que l'autre n'existe pas.

Si une réponse est attendue de quel droit la bannir sous prétexte que : « parfois les mots sont inutiles et que « le temps et les mots quelle illusion ?

Pourtant, si je m’en réfère au nombre de blogs ouverts sur Internet (toile mondiale faite de mots), au nombre de réponses faites par les commentaires, à quoi servent-ils ces mots ?
Un blog est-il illusion ? Pas pour son créateur, il en attend forcément quelque chose, surtout lorsqu'il y a des notes sinon cette fonction ne serait pas.
A attendre une reconnaissance ? Douleur cachée vieille de ses vies.
A être "noté" ? Cela flatte l'orgueil, l'Ego, il est préférable d'avoir des +5 que des -10.
Pourquoi créer un blog, lorsqu'il est écrit par son auteur que "...parfois les mots ne sont qu'illusions"
Qu'en est-il de ses mots déposés sur son blog ?
Illusions ?
Alors il serait bien dans ce cas d'enlever la fonction commentaires, puisque les mots sont parfois illusions et inutiles.
Et peu importe les raisons, toute création d'un blog est narcissique, il suffit de le reconnaître.

Une réponse est faite de mots écrits qui ne viennent pas que de l’âme ou d’êtres de lumière ?Pourquoi y participer alors ?
Pourquoi en créer ?
Pourquoi avoir une adresse courriel ?
Un blog ?
Une adresse postale ?
Un téléphone ?
Une messagerie sur son ou ses téléphones ?

Là est la question, puisque les mots qui y seront déposés ne seront peut-être que ceux de l’homme et pas, que de l’âme ou d’êtres de lumière.
« Les mots et le temps ne sont qu’illusion », mais tout n’est qu’illusion pas seulement les mots et le temps, si cela ne vient pas du Cœur et de l’âme.

Posons nos stylos, fermons nos blogs, résilions nos abonnements téléphoniques, ne parlons plus, éteignons nos ordinateurs, oublions le papier qui a servi pour écrire des mots qui sont devenus pour certains des chefs d'oeuvre de la littérature, des témoignages, n’ouvrons plus la bouche pour parler d’autres sujets que la spiritualité, allons vivre dans les grottes, en tête à tête avec notre âme et les êtres de lumière, où là, il n’y aura pas de téléphone, de connexion Internet, d’emmerdeurs avec leurs mots si parfois inutiles pleins d’illusion, et ne laissons à nos descendances que le silence de notre âme, nécessaire à la Vie Eternelle.

C’est ainsi que nombres de personnes meurent de solitude, puisque les mots ne sont, parfois qu’inutiles et Illusion.
Je continuerai à écrire ou à dire des mots parfois inutiles qui ne sont qu’illusion, en choisissant les destinataires, je continuerai à téléphoner en choisissant les destinataires afin de ne plus perdre mon illusion de temps d’humaine, juste parce qu’il y a tant de personnes crevant du manque de dialogue et à qui, juste des mots "illusoires" leur redonnent courage dans leur misère du manque de mots.

Mes mots sont certainement parfois inutiles et illusion, mais ils ont aussi adouci la solitude, le silence et la souffrance d'autres, consolé leur chagrin, asséché leurs larmes, y compris à ceux qui m'ont écrit parce qu'ils refusent de répondre au téléphone ou aux demandes de leurs nouvelles, ou aux questions posées que, ..."les mots sont parfois inutiles et illusion".
N'est-ce pas juste un prétexte qui cache autre chose de se voiler derrière ces mots ?

lundi 14 juillet 2008

Il n'y a rien


J'ai écouté, enfin, tenter d'écouter vos chansons.
Gratuite l'écoute, donc, je ne m'en suis pas privée.

Je n'ai pas abusé de cette écoute, je n'ai pu écouter qu'une seule de vos chansons jusqu'à la fin.
Zappé de chanson en chanson soporifique, si je vous avais écoutée tard dans l'avancée de la nuit, cela m'aurait endormie.

Vos rimes sont pauvres, votre voix fatiguée, enrouée. J'ai envie de tousser à votre place pour éclaircir votre voix chuintante.

A l'époque grand tapage autour de votre premier album, un mannequin qui gratouille et écrit, pas commun. Je me suis laissée prendre par une ou deux de vos chansons, mais au fur et à mesure, un endormissement subit me prenait chaque fois que j'entendais votre voix ; épuisantes vos chansons.
Je vous ai rangée et oubliée sans regret.

Camez-vous enfant , je ne ferai pas de péché d'envie, temps perdu ; à la possibilité d'une île (ta tienne), sans déranger les pierres bien sûr, je préfère Sans la nommer, Aux fenêtres de ma vie, écouter d'autres mots avec des voix qui touchent mon coeur, allez, salut marin.

jeudi 3 juillet 2008

Liberté


Pour tous les otages libérés, pour tous les otages à libérer, pour Gilad Shalit, otage israélo-français, détenu à Ghaza depuis le 29 juin 2006.


vendredi 27 juin 2008

La tendresse

Pour ceux qui n'en ont pas

Aux fenêtres de ma vie

Pour le temps qui passe, même s'il n'est qu'illusion, nous le vivons dans l'instant présent

Gracias a la vida




Gracias a la vida

Gracias a la vida que me ha dado tanto
Me dio dos luceros que cuando los abro
Perfecto distingo lo negro del blanco
Y en el alto cielo su fondo estrellado
Y en las multitudes el hombre que yo amo.

Gracias a la vida que me ha dado tanto
Me ha dado el sonido y el abecedario
Con el las palabras que pienso y declaro
Madre, amigo, hermano y luz alumbrando,
La ruta del alma del que estoy amando

Gracias a la vida que me ha dado tanto
Me ha dado la marcha de mis pies cansados
Con ellos anduve ciudades y charcos
Playas y desiertos, montañas y llanos
Y la casa tuya, tu calle y tu patio.

Gracias a la vida que me ha dado tanto
Me dio el corazon que agita su marco
Cuando miro el fruto del cerebro humano
Cuando miro el bueno tan lejos del malo
Cuando miro el fondo de tus ojos claros.

Gracias a la vida que me ha dado tanto
Me ha dado la risa y me ha dado el llanto
Asi yo distingo dicha de quebranto
Los dos materiales que forman mi canto
Y el canto de ustedes que es el mismo canto
Y el canto de todos que es mi propio canto.

Yulunga, Dead can dance

mercredi 25 juin 2008

Des leçons

La vie est un espace transitoire où l’âme doit marcher vers la beauté de l’Amour qu’elle a perdu tout au long de ses vies.
L’âme ne perd pas l’Amour, source de sa vie. Cela ne se peut. L’âme se perd dans les tourbillons de la noirceur de l’ombre qui refuse la Vie.

L’indignité est un mot doux, poussée par l’Ombre qui l’a maintient dans cette négativité et la pousse à la culpabilité, à l’indignité.

Tu te maintiens dans l'illusion qui te sépare, l'orgueil est illusion, le sommeil n'est pas rédempteur. Cela n'est pas dans la Lumière.

Un cours en miracles

Leçon 168 : 2 -Et la mémoire de Lui s'éveille dans l'esprit qui demande de Lui les moyens par lesquels son sommeil prend fin.
Leçon 177 : 163- Dieu n'est qu'Amour, donc je le suis aussi

Leçon 190 : 4-Paix à une telle sottise ! 2 Le moment est venu de rire de telles idées insanes. 3 Il n'est pas besoin d'y penser comme à des crimes brutaux ou à des péchés secrets aux lourdes conséquences. 4 Qui d'autre qu'un fou pourrait les concevoir comme cause de quoi que ce soit ? 5 Leur témoin, la douleur, est aussi folle qu'elles, et pas plus à craindre que les illusions folles qu'elle protège, essayant de démontrer qu'elles doivent encore être vraies.

samedi 7 juin 2008

Guy Corneau

Retrouvailles

Amour, mon bel amour, voici quelques offrandes
Ma vie au grand complet gaspillée pour des sous

Avec la peur en prime, avec la peur au ventre
Qui nous courbe l'échine, qui nous met à genoux

J'ai erré si longtemps avant de comprendre
Que sans toi je n'étais qu'un pauvre pou

Oh ! Un pou bien portant avec son importance
Qui écrivait des livres et qu'on aimait partout

Vivre à côté de soi, vivre à côté de l'âme
C'est renoncer à soi, c'est renoncer à tout

J'ai perdu mon combat, tu gagnes, souveraine
Enferme donc ma haine au fond de tes cachots

Garde-moi prisonnier, lave-moi de mes peines
Pour le mal que j'ai fait, lève l'impôt

De pleurer chaque jour, ému jusqu'à comprendre
Et de pleurer d'amour devant ce qui est beau

Je veux vivre à tes pieds, n'ai plus rien à atteindre
Nulle part où aller, tout est de trop

Vivre à côté de soi, vivre à côté de l'âme
C'est renoncer à soi, c'est renoncer à tout

Je chante pour ceux-là qui n'ont pas pris la chance
D'être eux-mêmes ici-bas, eux-mêmes malgré tout

Je chante pour ceux-là dont j'envie l'existence
Ils mangent dans ta main, ils te servent à genoux

Ils suivent le chemin de leur maîtresse tendre
Et ils ont le courage de leur goûts

Vivre à côté de soi, vivre à côté de l'âme
C'est renoncer à soi, c'est renoncer à tout

Si longtemps loin de toi, longtemps loin de moi-même
Mon bel amour caché au beau centre de tout

Mon bel amour trahi au centre de moi-même
Je te retrouve enfin à bout de maux


******************************

Si tu veux rentrer chez toi

Si tu veux rentrer chez toi
Au milieu même de cette vie
N'attends pas jusqu'au trépas
Pour ouvrir grand ton esprit

Écoute bien ma chanson
L'ai gagnée de haute lutte
Du crime à la trahison
J'ai fait tout ce qui rebute

J'ai erré dans milles vies
Avec un fardeau suprême
Jusqu'à y trouver l'ennui
Jusqu'à c'que l'Amour me prenne

N'aie pas peur du grand jugement
C'est inventé par des hommes
C'est un conte pour enfants
Qui veulent jouer aux majordomes

Il n'y a pas de jugement
Pour aucune de tes pensées
Non l'enfer que tu crains tant
Les prêtres l'ont inventé

Dieu est au bout de tes doigts
Esclave de ta fantaisie
Il n'est pas autre que toi
Tu es l'amour infini

Tu es libre c'est certain
Bien plus qu'on ne saurait te dire
Et tu crées tous tes destins
Du pacha jusqu'au fakir

Tu es libre et ne dois rien
Tu ne dois rien à personne
Toutes ces dettes et ces destins
C'est ta mémoire qui fonctionne

Dans l'immense comédie
Tissant le fil de nos vies
On blâme si facilement
Les autres pour nos tourments

Deviens donc ce que tu veux
Peu importe ce qu'il advienne
N'oublie jamais si tu peux
Que tu crées tous tes problèmes

Chaque peine est une rose
Même si elle te déchire
Elle te dit une seule chose
Veux-tu cesser de souffrir ?

N'y a de loi que la joie
C'est la vérité profonde
N'y a de loi que la joie
Elle est l'essence du monde

Ombre et lumière


Il était une fois, au temps d'avant le temps, une Petite Âme qui dit à Dieu :
- Je sais qui je suis !.
Et Dieu dit :
- C'est merveilleux ! Qui es-tu ?
La Petite Âme cria :
- Je suis la Lumière !
Et Dieu s'exclama avec un grand sourire :
- Oui, c'est çà ! Tu es la Lumière.
La Petite Âme était si heureuse !
Elle avait résolu le mystère que toutes les âmes du Royaume étaient venues résoudre.
- Wow, dit la Petite Âme , çà c'est vraiment cool !
Mais bientôt, de savoir qui elle était ne lui suffit plus. La Petite Âme sentait des remous à l'intérieur, et maintenant, elle voulait être Celui qu'Elle était. Et donc, la Petite Âme retourna voir Dieu (ce qui n'est pas une mauvaise idée pour toutes les âmes qui veulent être Celui qu'Elles sont vraiment) et dit :
- Salut, Dieu ! Maintenant que je sais Qui je Suis, est-ce que j'ai aussi le droit de l'être ?
Et Dieu dit :
- Tu veux dire que tu veux être Celui que Tu Es déjà ?
- Eh bien, répondit la Petite Âme ,
- c'est une chose de savoir Qui Je Suis, et une autre totalement différente de l'être vraiment. Je veux sentir ce que çà fait d'être la Lumière !
- Mais tu es la Lumière, répéta Dieu, avec un autre sourire.
- Oui, mais je veux voir comment on se sent ! s'écria la Petite Âme.
- Bon, dit Dieu avec un petit gloussement,
- je suppose que j'aurais dû le savoir. Tu as toujours été le plus aventureux.
Puis l'expression de Dieu changea.
- Il y a juste une chose …
- Quoi ? demanda la Petite Âme.
- Eh bien, il n'existe rien d'autre que la Lumière. Vois-tu, je n'ai rien créé d'autre que ce que tu es ; alors, il n'y a pas de manière facile pour toi de faire l'expérience de Ce que Tu Es, puisqu'il n'y a rien que tu n'es pas.
- Hein ? Dit la Petite Âme qui était maintenant un peu perplexe.
- Penses-y de cette façon, dit Dieu.
- Tu es comme une bougie dans le Soleil. Oh, tu y es, c'est certain. Avec des millions d'autres bougies qui constituent le Soleil ! Et le Soleil ne serait pas le Soleil sans toi. Non, il serait un soleil sans l'une de ses bougies … et çà ne serait pas le Soleil du tout, car il ne brillerait pas avec autant d'éclat. Et pourtant, comment te connaître en tant que Lumière quand tu es parmi la Lumière ?C'est la question.
- Eh bien, dit la Petite Âme toute ragaillardie,
- tu es Dieu. Trouve quelque chose
Dieu sourit encore une fois.
- Je l'ai déjà fait, dit Dieu.
- Puisque tu ne peux pas te reconnaître en tant que Lumière quand tu es dans la Lumière , nous allons t'entourer d'obscurité.
- Qu'est-ce que c'est l'obscurité ? demanda la Petite Âme.
Dieu répondit : - C'est ce que tu n'es pas.
- Est-ce que j'aurai peur de l'obscurité ? s'écria la Petite Âme.
- Seulement si tu choisis d'avoir peur, répondit Dieu.
- Il n'y a vraiment rien à craindre, à moins que tu ne le décides. Vois-tu, nous inventons tout ceci. Nous faisons semblant.
-Oh, dit la Petite Âme , et déjà elle se sentait mieux.
Puis Dieu expliqua que pour pouvoir faire l'expérience de quelque chose, son exact opposé allait apparaître.
- C'est un grand cadeau, dit Dieu, parce que sans cela, tu ne pourrais pas savoir à quoi ressemble cette chose. Tu ne pourrais pas connaître le chaud sans le froid, le haut sans le bas, le vite sans le lent. Tu ne pourrais pas connaître la gauche sans la droite, ici sans là-bas, maintenant sans jadis. Et donc, conclut Dieu, quand tu seras entourée par l'obscurité, ne brandis pas ton poing, n'élève pas ta voix et ne maudis pas l'obscurité. Sois plutôt une Lumière vis-à-vis de l'obscurité, et ne sois pas fâché de cela. Alors, tu sauras Qui Tu Es Vraiment, et tous les autres le sauront aussi. Laisse tant briller ta Lumière que tous sauront combien tu es spécial !
- Tu veux dire que j'ai le droit de montrer aux autres combien je suis spécial ? Demanda la Petite Âme.
- Bien sûr, dit Dieu en souriant. Tu en as tout à fait le droit ! Mais souviens-toi, spécial ne veut pas dire meilleur. Tout le monde est spécial, chacun à sa façon ! Et pourtant bien d'autres ont oublié cela. Ils ne réaliseront qu'ils ont le droit d'être spécial que si toi-même tu reconnais que tu as le droit de l'être.
- Wow, dit la Petite Âme, dansant et sautillant, riant et sautant de joie. Je peux être aussi spécial que je veux ?
- Oui, et tu peux commencer tout de suite, dit Dieu. Quelle partie du spécial veux-tu être ?
- Quelle partie du spécial ? répéta la Petite Âme , je ne comprends pas.
- Eh bien, expliqua Dieu, être la Lumière, c'est être spécial, et être spécial comprend beaucoup d'éléments. C'est spécial d'être gentil. C'est spécial d'être doux. C'est spécial d'être créatif. C'est spécial d'être patient. Est-ce que tu peux trouver d'autres façons d'être qui sont spéciales ?
La Petite Âme resta assise en silence pendant quelques instants.
- J'ai trouvé beaucoup de façons d'être spéciale ! s'exclama alors la Petite Âme.
- C'est spécial d'être quelqu'un qui aide. C'est spécial d'être quelqu'un qui partage. C'est spécial d'être amical. C'est spécial d'être attentif aux autres !
- Oui ! approuva Dieu, et tu peux être toutes ces choses ou n'importe quel élément du spécial que tu souhaites être, à tout moment. C'est ce que veut dire : être la Lumière.
- Je sais ce que je veux être ! Je sais ce que je veux être ! annonça la Petite Âme toute excitée. Je veux être la partie du spécial qui s'appelle " celui qui pardonne ". Est-ce que ce n'est pas spécial de pardonner ?
- Oh oui, assura Dieu à la Petite Âme. C'est très spécial.
- D'accord, dit la Petite Âme. C'est çà que je veux être. je veux être celui qui pardonne. Je veux faire l'expérience d'être comme çà .
- Bien, " dit Dieu, " mais il y a une chose que tu dois savoir.
La Petite Âme commençait maintenant à s'impatienter un peu. Il paraissait toujours y avoir des complications.
- Qu'est-ce que c'est ? Dit la Petite Âme, en soupirant.
- Il n'y a personne à qui pardonner.
- Personne ?
La Petite Âme pouvait à peine croire ce qui venait d'être dit.
- Personne ! répéta Dieu. Tout ce que j'ai fait est parfait. Il n'y a pas une seule âme dans toute la création qui soit moins parfaite que toi. Regarde autour de toi.
C'est alors que la Petite Âme réalisa qu'une large foule s'était réunie. Des âmes étaient venues de près et de loin - de tout le Royaume - car la nouvelle s'était répandue que la Petite Âme avait cette conversation extraordinaire avec Dieu, et chacun voulait entendre ce qu'ils disaient. Regardant les innombrables autres âmes réunies là, la Petite Âme dût acquiescer. Aucune ne paraissait moins merveilleuse, moins magnifique ou moins parfaite que la Petite Âme elle-même. Tel était le prodige des âmes réunies autour d'elle, et si brillante était leur lumière, que la Petite Âme pouvait à peine les regarder.
- Alors, à qui pardonner ? Demande Dieu.
- Eh bien, çà ne va pas être drôle du tout ! grommela la Petite Âme. Je voulais faire l'expérience d'être Celui Qui Pardonne. Je voulais savoir quel effet çà faisait d'être cette partie-là du spécial. Et la Petite Âme apprit ce que c'était que d'être triste.

Mais juste à ce moment-là, une Âme Amicale s'avança de la foule.
- Ne t'inquiète pas, Petite Âme, dit l'Âme Amicale, je vais t'aider.
- Tu vas m'aider ?
La Petite Âme s'illumina.
- Mais qu'est-ce que tu peux faire ?
- Je peux te donner quelqu'un à qui pardonner, tiens !
- Tu peux ?
- Certainement ! gazouilla l'Âme Amicale. Je peux venir dans ta prochaine vie et faire quelque chose que tu pourras pardonner.
- Mais pourquoi ? Pourquoi ferais-tu cela ? Demanda la Petite Âme. Toi qui es un Être d'une telle perfection achevée ! Toi, qui vibres à une telle vitesse que cela crée une Lumière si brillante que je peux à peine te regarder ! Qu'est-ce qui pourrait te faire vouloir ralentir ta vibration à une telle vitesse que ta brillante Lumière deviendrait sombre et dense ?
Toi qui es si léger que tu danses sur les étoiles et que tu te déplaces à travers tout le Royaume à la vitesse de ta pensée - qu'est-ce qui te ferait venir dans ma vie et te rendre si lourd que tu pourrais faire cette mauvaise chose ?
- C'est simple, dit l'Âme Amicale, je le ferais parce que je t'aime.
La Petite Âme parut surprise par la réponse.
- Ne sois pas si stupéfait, dit l'Âme Amicale, tu as fait la même chose pour moi. Tu ne te souviens pas ?
Oh, nous avons dansé ensemble, toi et moi, bien des fois. A travers les éternités et les âges, nous avons dansé. A travers le temps tout entier, et dans bien des lieux, nous avons joué ensemble. C'est juste que tu ne te souviennes pas. Nous avons tous deux été l'Ensemble de Toutes Choses.
Nous en avons été le Haut et le Bas, la Gauche et la Droite. Nous en avons été le Ici et le Là-bas, le Maintenant et le Jadis. Nous avons été le Masculin et le Féminin, le Bon et le Mauvais - nous en avons été et la victime et le méchant.
Ainsi, nous nous sommes rencontrés, toi et moi, maintes fois auparavant ; chacun apportant à l'autre l'exacte et parfaite occasion d'Exprimer et d'Expérimenter Qui Nous Sommes Vraiment. Et donc, continua d'expliquer l'Âme Amicale, je vais venir dans ta prochaine vie et cette fois-ci je serai le "méchant". Je ferai quelque chose de vraiment terrible, et alors tu pourras faire l'expérience d'être Celui Qui Pardonne.
-Mais que vas-tu faire ? Demanda la Petite Âme, un tout petit peu nerveuse, qui sera si terrible ?
- Oh, répondit l'Âme Amicale avec une étincelle, nous trouverons bien quelque chose.
Puis, l'Âme Amicale parut devenir sérieuse, et dit d'une voix douce :
- tu as raison à propos d'une chose, tu sais.
- Et c'est quoi ? Voulut savoir la Petite Âme.
- Il me faudra ralentir ma vibration et devenir très lourd pour faire cette chose pas très gentille. Il me faudra prétendre être quelqu'un de très différent de moi. Alors, j'ai une seule et unique faveur à te demander en échange.
- Oh, n'importe quoi, n'importe quoi ! s'écria la Petite Âme, et elle commença à danser et à chanter : " Je vais pouvoir pardonner, je vais pouvoir pardonner !
Puis, la Petite Âme vit que l'Âme Amicale restait toute silencieuse.
- Qu'est-ce qui se passe ? Demanda la Petite Âme. Qu'est-ce que je peux faire pour toi ? Tu es un tel ange de bien vouloir faire ceci pour moi !
- Bien sûr que cette Âme Amicale est un ange ! interrompit Dieu. Tous le sont ! Souviens-toi toujours : je ne t'ai jamais envoyé que des anges.
Alors, la Petite Âme voulut plus que jamais exaucer la demande de l'Âme Amicale.
- Qu'est-ce que je peux faire pour toi ? Demande de nouveau la Petite Âme.
- Au moment où je te frapperai et te terrasserai ? Répondit l'Âme Amicale, au moment où je ferai la pire chose que tu puisses imaginer - à ce moment précis …
- Oui, interrompit la Petite Âme;
- Oui … ?
L'Âme Amicale devint encore plus silencieuse.
- Souviens-toi de Qui Je Suis Réellement.
- Oh, je le ferai ! s’écria la Petite Âme, je le promets ! Je me souviendrai toujours de toi comme je te vois ici même, à cet instant !
- Bien, dit l'Âme Amicale, parce que, vois-tu, j'aurai fait semblant tellement fort, que je me serai oubliée. Et si tu ne te souviens pas de moi tel que je suis réellement, je ne pourrai peut-être pas m'en souvenir pendant très longtemps. Et si j'oublie Qui Je Suis, tu peux même oublier Qui Tu Es, et nous serons perdus tous les deux. Alors, nous aurons besoin qu'une autre âme s'en vienne et nous rappelle à tous les deux Qui Nous Sommes.
- Non, cela ne se passera pas ! promit de nouveau la Petite Âme. Je me souviendrai de toi ! Et je te remercierai de m'apporter ce cadeau : la possibilité de faire l'expérience de Qui Je Suis.
Et ainsi, l'accord fut conclu.

Et la Petite Âme s'engagea dans une nouvelle vie, toute excitée d'être la Lumière, ce qui était très spécial, et toute excitée d'être cette partie du spécial appelée le Pardon.
Et la Petite Ame attendit anxieusement de pouvoir faire l'expérience d'être Celui Qui Pardonne, et de remercier l'Âme qui le lui permettrait.
Et dans tous les moments de cette nouvelle existence, chaque fois qu'une nouvelle âme faisait son apparition, que cette nouvelle âme amène de la joie ou de la tristesse - et surtout si elle amenait de la tristesse - la Petite Âme pensait à ce que Dieu avait dit :
" Souviens-toi toujours, " - et Dieu avait souri -,
" je ne t'ai jamais envoyé que des anges. "

Neale Donald Walsch

vendredi 6 juin 2008

Ecran noir

Un instituteur a demandé à ses élèves de fermer tout ce qui était "écran", pendant 10 jours.
Plus de télévision, plus d'ordinateur, plus de téléphone portable, de jeux en tout genre qui nécessitait un écran.

Au bout de 10 jours, tous les élèves ainsi que leurs parents et frères et soeurs avaient respecté cette demande.
A l'unanimité, les enfants et les parents ont été non seulement contents mais heureux de pouvoir connaître une autre forme de vie entre eux, non virtuelle.
Plus de dialogues, de jeux entre eux, plus de convivialité, de sorties ensembles, de lectures.

Le monde de l'écran tue la convivialité, écarte de la société, coupe du monde et surtout apprend à être quelqu'un d'autre caché derrière un écran.
Anonymes, empruntant un pseudo qui, croit-on nous ressemble au plus prêt de cette fausse réalité, nous surfons, tchatons, rions, mentons, créant un monde marginal qui n'a de réalité que ce que l'on veut bien lui donner.

Plus de lettres à écrire, nous perdons la joie de prendre un papier à lettre, d'écrire à ceux que l'on aime ou apprécie, de mettre sous enveloppe et de timbrer.

Nous oublions, en dehors des factures, d'avoir le plaisir de lire une lettre qui va donner des nouvelles et, tant pis si elles datent d'hier.
Nous perdons le sens du dialogue, puisque nous ne prenons plus la peine de téléphoner, c'est si simple d'envoyer un courriel.
Nous jouons à être quelqu'un d'autre dans des jeux en réseau, où la crétinerie humaine fait emplir les poches de ceux qui ont tout compris.
Acheter virtuellemnt une maison, des voitures, des habits, "un look", en payant bien réellement avec une carte bancaire. la crétinerie mène à tout.
Le rêve virtuel est atroce, puisqu'en plus il fait tuer à cause de l'objet de convoitise.

La voix, est si importante dans un dialogue, l'émotion, le fracas d'un rire qui explose, la tristesse, les échanges entre deux personnes, ne passent pas au travers de l'écran qui rend fainéant, les petis riens qui rendaient la vie autrement lorque l'on se racontait au téléphone.

Nous vivons dans un monde où prendre des nouvelles d'un voisin parce que l'on ne l'a pas vu depuis un moment est considéré comme une sorte de cambriolage. comment ose t'on venir frapper à la porte, cela dérange la quiétude aveugle et préférable.

Dans si peu de temps, il ne sera plus utile de se lever de sa chaise et ainsi, nous ferons l'économie de nos pas, de nos visites de famille et de voisin, nous commanderons tout par Internet et contribuerons à la mort des commerces.

Nous devenons des robots incapables d'aller plus loin que nos faces cachées derrière nos pseudos qui sont le début du mensonge d'Internet.

Nous nous perdons, parce que nous ne faisons plus l'effort de : prendre des nouvelles en téléphonant, envoyer une carte pour un anniversaire...

L'écran est un immense marché où l'homme court. Vite, allez consulter sa boite de courriel, vite allez voir si j'ai un message aux si nombreux posts que j'ai fait sur tant de sites, vite, je regarde si j'ai un SMS, et y répondre, dans la rue, au cinéma, dans la voiture.

L'homme ne sait plus vivre sans son ordinateur, sa télévision, son téléphone portable
Savez-vous combien d'heures un enfant dialogue avec ses parents dans une année ? 50 heures, alors qu'ils en passent plus du triple devant un écran.
Comment peut-on apprendre le dialogue et la convivialité à nos enfants qui sont mis dès leur plus jeune âge en garderie devant leur toute première nounou : la télévision. Et qui, plus tard vous ferons taire d'un -SHUT- impérieux, parce que vous osez leur demander comment s'est passée leur journée ?

J'allume un écran mais j'éteins tout rapport humain.

Requiem


Paroles Plurielles ferme

Il est des rendez-vous à la fois importants et anodins que l'on ne manquerait pas.
Un rendez-vous avec une consigne d'écriture, qui permet une joyeuse contrainte de coucher des mots sur le papier.

Ecriture pour soi, plus que pour le plaisir d'être lue, même s'il ne faut pas rejeter les commentaires positifs.

Petites consignes qui m'ont permis d'être spontanée, réfléchie et de comprendre ce que pouvait être l'écriture inspirée. Consignes qui m'ont ouvert la porte de l'imaginaire que je pensais hermétiquement close.

Combien de fois, en relisant des textes (de vieilles écritures), je me suis étonnée que cela soit moi qui ai écrit ces textes, je ne savais pas que pour la plus part ils étaient inspirés.

Paroles Plurielles, ferme ses consignes, Coumarine ne pouvant plus assumer cette administration lourde.

Ces consignes d'écriture vont me manquer, cela m'obligeait à prendre du temps pour écrire, avec une contrainte non forcée de "rendre sa copie" à une date précise.

Merci à Christine et Dino de m'avoir envoyé chez Coumarine.
Merci Coumarine de m'avoir redonné envie d'écrire.

Bonne réussite dans ton nouveau métier d'auteur.

mardi 3 juin 2008

La vie vaste compétition sportive

Nicolas Sarkosy : « Le sport, c'est comme dans la vie, on n'est pas sûr de gagner à tous les coups, moi, j'ai beaucoup perdu avant de gagner. »
Combien de ces mots venus du langage sportif font partie du vocabulaire commun : mis sur la touche, la tête dans le guidon, transformer l’essai, jouer les prolongations, jeter l’éponge…

Dans notre monde nous sommes gagnants ou perdants, pas de demi-mesure. Enfant déjà, on nous oblige à être en tête de classe, ramener de bonnes notes, être un petit génie.
Adulte, bien souvent, nous transposons ce que nous n’avons pas pu faire, et nous poussons, à notre tour nos enfants.
Des parents vendent leurs enfants, tel ce petit garçon qui est pris en main par un entraîneur de tennis, en échange, ses parents sont logés nourris blanchis et vivent auprès de leur futur champion de tennis, il a 5 ans.
Les « repérages » de ces futurs champions sont faits très tôt, trop tôt. La vie d’entraînement est déjà très dure pour un adulte qui lui, a choisi ; alors que l’enfant le plus souvent pour faire plaisir à ses parents, pour ne pas les décevoir, s’entraîne et laisse de côté ses jeux et ses copains et perd son enfance.

Concours de tous ordres organisés pour des mères en mal de beauté, elles n’hésitent pas à mettre en avant celle de leur petite fille qui se déguise en miss, maquillée, habillée telle une adulte qui va défiler pour le titre de miss Région. Se dandine devant son miroir, espérant qu’il lui réponde que oui, c’est elle la plus belle et qu’elle sera élue, petite fille devenue la poupée de sa maman.

Tels autres parents qui ont (pensent-ils) rater leur propre carrière de chanteur et font pousser la chansonnette à leurs rejetons, en oubliant que certains chantent si faux, que cela en est triste pour eux.
Hontes à ces parents qui veulent que leurs enfants soient des gagnants, reconnus.

La vie n’est pas un terrain de sport.
Que gagne t’on ? Argent, orgueil, reconnaissance, un très long carnet d’adresses de nouveaux amis, titres dont tous ne sont pas si honorifiques…

Que perd-on ? Modestie, humilité, amour de l'autre...mots qui se perdent dans le tourbillon humain où seuls ceux qui gagnent existent et écrasent de leur soit-disante supériorité, ceux qui ne gagnent pas, ne perdent pas, mais vivent tout simplement.

Quelles sont les valeurs que nous voulons offrir à nos enfants, aux enfants ?
Est-ce la brillance d’une fausse médaille d’or de la vie, en leur faisant croire, que gagner à tout prix c’est être un futur président de la république ?

Là est la future déchéance de l’homme à lui inculquer dès sa prime jeunesse que dans la vie il y a les gagnants et les perdants et qu’il faut, bien sûr, être dans l’équipe qui gagne pour être reconnu comme quelqu’un de bien.