vendredi 28 mars 2008

Que faites-vous dans la vie ?


C’est étrange, depuis que je ne travaille plus, je me sens de plus en plus fatiguée.

Cette fatigue m’envahit sournoisement depuis que je ne fais plus partie de ce que l’on nomme la vie sociale.
Les heures s’égrènent lentement, je ne fais plus rien, anéantie, épuisée d’être devenue une sorte de rebus.
Je ne cours plus pour attraper ma correspondance de métro qui me mène à l’ANPE, j’ai le temps.
Fatiguée de répondre aux personnes qui me demandent :
- mais que fais-tu de tes journées ?
C’est vrai, que fais-je de mes journées de chômeuse ?

Travail à temps plein ces recherches infructueuses, sans rendement. Epuisant.

Et, vous mes amis qui m’expliquez que : vous, vous êtes fatigués parce que, Vous travaillez.
Ah oui, c’est vrai, vous me regardez comme si je n’avais jamais travaillé, je ne sais pas ce que cela implique le travail comme fatigue.

J’ai le temps de ne rien faire et cela me fatigue, m’épuise même.

Et si tout d’un coup j’étais devenue fainéante ?
Devient on fainéante, parce que l’on ne travaille plus ?

Oui sûrement, puisque je suis fatiguée dès le matin de devoir affronter cette vie de chômeuse qui traîne depuis tant d’années.
Je suis re-devenue malgré moi une femme au foyer.

Pourtant, lorsque je ne travaillais pas pour élever mes enfants, qui me demandait alors, ce que je pouvais bien faire de mes journées ?
Personne.

Mais, être au chômage, ne pas travailler, quelle horreur.

Je vaque à mes occupations, mais, lesquelles ?
Plus aucune, depuis que je ne travaille plus je ne sais plus rien faire, je traîne mon corps qui a du mal à se mouvoir dans le statut de chômeuse.- Que faites-vous dans la vie ?
- Chômeuse
- Vous devez vous ennuyée à ne rien faire ?

Je regarde d’un œil bienveillant ces personnes qui me fatiguent depuis que je ne travaille plus, à tant me demander ce que je peux bien faire de mes journées.
- Rien, leur ai-je répondu, c’est étrange comme je suis si fatiguée depuis que je ne travaille plus.


Ce texte a été écrit pour la dernière consigne du site Paroles Pluriellesla photo est de Narb

lundi 24 mars 2008

On va à la neige

Si mes copains me voyaient, la honte aux joues.

La tenue des parents !!!!!
Ridicule.
Même Mémé elle le pense. Et avant de partir, a dit à mon père : "t’as beau avoir gagné au loto, les gens de la haute t’inviteront pas pour ça. Nouveaux riches ."

Nouveaux riches ? Sais pas ce que cela veut dire ? Riche, oui, de la tune, beaucoup, mais nouveaux riches ?
En attendant, il a fallut que je m’habille comme si j’avais 5 ans. Ridicule avec ces pantalons anglais, un short, oui, j’ai 11 ans.
Anglais, pff suis pas anglais, et je déteste l’anglais et la prof et la prof non plus m’aime pas, comme ça, tout va bien, pas de chichi, j’ai tout le temps zéro. J’aime pas l’anglais, parce que je ne peux pas prononcer le «ze». A chaque fois, je dois me concentrer, je finis par cracher, pas le ze, et tout le monde rit et la prof croit que je fais exprès et je me fais punir.

Mon père, prend des cours d’anglais, depuis qu’il a gagné au loto, il dit qu’il faut aujourd’hui savoir parler anglais pour ses affaires.
Parlons en de ses affaires. S'il n’avait pas gagné au loto avec son copain Michel, il ne prendrait pas des cours d’anglais pour ses affaires.
Il est mécano dans un garage mon père, alors ses affaires !!!

C’’est long.
On va prendre un avion privé, on attend le pilote qui a prévenu que sa femme accouchait donc il serait en retard.
Comme a dit ma mère tout bas, chuchotant à mon père, pourvu qu’elle n’ait pas une césarienne.
On parle pas de ça, à la maison, on fait encore les bébés dans les choux du jardin de Mémé, nous prennent toujours pour des idiots les parents.

J’étouffe avec cette écharpe. Mais m'man a peur que j’ai froid en arrivant à la neige.
Et eux, avec leurs manteaux, sont pas fous, en plein mois de juin ?

L’autre, la naine, elle se cache derrière son père, à chouiner comme toujours, et, j’en ai encore pris une. Elle voulait pas me prêter son Ipod. Je lui ai pris, et elle a gueulé comme si je lui avais arraché son sac.
J’ai mal aux fesses, j’ai trop chaud. Mes pieds vont exploser dans ces bottes trop chaudes, fourrées en peau de lapin.
J’ai pas eu le choix «si tu mets pas tes bottes, tu pars pas avec nous à Méribel.»
J’ai réfléchi, rester à la maison, c’était pas mal. Pas eu le temps de savoir qui j’allais inviter pour regarder le dvd porno qui est caché dans le tiroir de leur table de nuit que ma mère a coupé mes pensées.
- Tu ne resteras pas seul à la maison, tu iras chez Nanny et Grand-père. J’ai choisi le ski, chez mémé je m’ennuie. A la campagne pas d’ordi et leur téloche y’a pas canal.
Depuis le gros lot, on doit plus dire Pépé et Mémé, ça va pas être facile de tout changer comme ça.

Heureusement, les parents ont fait partir les skis avant nous, par train avec la nouvelle bonne. Oui, on a une bonne maintenant, ma mère elle sait plus quoi faire depuis, elle dit qu’elle s’ennuie à pas faire le ménage, la cuisine et la vaisselle.

On dirait qu’ils vont passer la revue du 14 juillet avec Chirac, tellement y sont raides dans leurs habits neufs les parents.
Tout est neuf, même les gros nichons de ma mère. La honte, elle les met dehors au balcon, et mon père lui dit rien. C’est vrai qu’il louche sur les gros nibards, c’est pour ça qu’il a dû demander des neufs à sa femme.
- C’est une fille, c’est une fille, hurle un monsieur, en courant vers nous.
- Dépêchons, dépêchons, dit mon père avec un ton que je ne lui connais pas.
Un ton de commandant. J’ai envie de rire.
- Suivez moi, l’avion va décoller, l’hôtesse vous attend. Vous n’avez pas trop attendu, vous n’avez pas trop chaud ?
- J’pourrai enlever mes godasses dans l’avion m’sieur ? J’pue pas des pieds ?
- Mais oui, mais oui, me répond gentiment le pilote, allez venez. Ah mais, il a une ptite sœur ce grand garçon , je ne l’avais pas vue.
Finalement j’ai eu raison de partir au ski, mes parents n’ont jamais fait de sport de leur vie, ils ne pourront pas me suivre et me surveiller.
C’est bien le ski en Juin à Méribel, mes copains vont pas en revenir.
- Dis maman on prendra des photos ?
Parce que si je ramène pas des photos, ils ne me croiront jamais, moi, le fils du mécano.
-T’as fait du ski en juin ? Tu nous prends pour des billes.
Mon père, il a demandé à un policier de l’aéroport de nous prendre en photo, c’est la première de l’album que je ferai.

Chez Gégé

Perchée sur un tabouret au comptoir de l’estaminet « chez Gégé », elle sirotait un jus trop sucré, en attendant le pigeon qui lui permettrait de lui piquer quelques billets.
Oh, pas en lui subtilisant son larfouillet, pas folle la môme, non, en tant que pétroleuse réputée, elle pousserait la lourde de sa tôle au 1er étage. Un câlin pour des hommes à la recherche de coquineries que leurs régules ne font pas, pour quelques des billets bien craquants.
Elle allume une clope et un courant d’air, lui fait tourner la tête. « La porte » hurle t’elle..

Emile entre.
Emile dit le plouc, dit le poussin à cause de son amour démesuré pour les tatanes jaunes ; il s’est pris d’une frénésie de coquetterie depuis sa sortie de tôle.
Pourtant son bavard, lui a bien dit qu’il fallait qu’il soit plus passe muraille, et qu’il change son renard et ses pompes jaunes par du discret, du moins criard quoi.

Ce blaireau ne pense qu’au pognon que la blonde platine lui fait rentrer dans les bacreuses afin d’améliorer sa jaffe.
Il s’approche du bar et assène une telle louche à la belle, qu’elle en tombe de son tabouret. C’est qu’il est plein de manière le zig.
La blonde se redresse sur ses hauts talons et lui empoigne les valseuses en lui disant : « plus jamais ça pauvre loufiat».
La consigne de ce texte ici

samedi 22 mars 2008

Peuples opprimés


Nous sommes si petits mais nous sommes si grands.
Perdus, seuls, nous nous battons au nom de la Liberté.
Oppressés, nous peuples l’avons toujours été, toujours sous le poing du plus fort.
Nous sommes esclaves, mais seulement en apparence, intérieurement nous sommes libres.

Libres de nos pensées, libres de nos prières, libres de nos luttes et même si vous cherchez depuis tant d’années à nous détruire, nous sommes là encore et malgré vous.

Vous l’oppresseur, vous le pouvoir, par vos armes vous luttez.
Nous si petits mais si forts nos armes sont celles du cœur, de la prière et de la liberté. Nous ne disparaîtrons pas, notre culture était est et sera encore.

Nous peuples opprimés par le pouvoir nous sommes.
Entendez notre cri, entendez notre marche silencieuse couverte par celles de vos bottes et de vos armes.

Cela ne vous rappelle t’il pas l’envahisseur aux portes de vos villes. Vous avez combattu, vous êtes morts pour garder votre liberté. Tant d’hommes sont morts, sous le joug de ce peuple au nom d’une race.

Nous sommes en perdition, nous mourrons, nous disparaissons, mais, vous en dehors de cet état de dictature, entendez notre cri et au nom de notre liberté, aidez-nous.

Nous n’appelons pas aux armes, aidez-nous par la force de la prière universelle, celle qui desserre les cœurs entravés par les barbelés du pouvoir. Entendez notre appel, joignez vous à nous afin que nous ne disparaissions pas au milieu du chaos des opprimés.

Notre force est la liberté intérieure, celle de notre âme, celle de notre cœur.

Nous voulons laisser à nos enfants notre mémoire non cachée, celle transmise au milieu de nos champs, celle transmise par le vent qui la porte au delà des frontières créées par l’homme. Entendez notre chant avant qu’il ne soit trop tard.
C.F.
Texte inspiré par la révolte des tibétains

samedi 8 mars 2008

Je Suis

J’ai entretenu le feu de la vie, celui qui a protégé ma famille, mes enfants, contre les bêtes sauvages. J’ai entretenu le feu qui a permis de vous nourrir, parce que toi l’homme tu ramenais les produits de ta chasse.

Depuis si longtemps, moi la femme, j’ai porté les enfants de la terre, ceux qui ont transmis nos coutumes, nos histoires et si je suis là c’est grâce à la femme qui un jour au début de la vie de l’homme, a porté cet enfant , mon histoire est si loin.

J’ai souffert pour l’enfant malade, j’ai supporté les colères et les coups, offrant mon dos, cachant mes larmes, afin de continuer à vivre dans ce monde où seul l’homme avait le pouvoir.
Oh bien sûr, moi la femme, moi la mère, tu me respectais, mais il fallait que je me taise.

A côté de toi l’homme ?

Non, derrière toi, en silence, acceptant au fur et à mesure des siècles, que je n’avais qu’un second rôle. J’étais avant tout la mère de tes enfants, l’homme, mais où étais la femme que j’étais ?

Tu as eu tous les droits y compris celui de salir mon corps, de le prendre, de le violer malgré mes cris.
Je n’avais qu’un droit, celui de subir, la femme instrument de plaisir, toi l’homme tu les avais tous y compris de salir la mère de tes enfants.

Tes coups je les ai subits, pour protéger mes enfants, tes enfants.
Tes mots je les ai supportés, parce que je n’avais pas le choix.

Les temps ont passé et la femme que je suis n’a toujours pas sa place.
J’ai eu la malchance de naître chinoise et l’on m’a noyée.
Je n’ai pas voulu de l’homme que tu m’imposais et l’on m’a brûlée.
J’ai plus de diplômes et de compétences que toi, l’homme, mais tu m’a donné ce poste, en me faisant comprendre que c’était ça, ou rien, c’est toi qui m’engageais.
Je suis née noire et tu m’as excisée pour que jamais je ne connaisse le plaisir que tu m’as volé.

Aujourd’hui au nom d’un dieu, je dois encore me taire et ne pas exister.
Je dois me cacher, derrière ce rideau si lourd à porter, que je ne vois plus rien, je ne peux plus rien voir, la vérité étant trop pénible.

Derrière ce nom, femme, je dois me cacher, et te suivre, toi l’homme guerrier, qui m’empêche d’être une femme, je ne suis que ton instrument de plaisir et je dois te faire des enfants, même si mon cœur le désir, je ne peux plus, j’ai porté trop d’enfants, je ne suis plus femme, je ne suis qu’un ventre au nom de dieu.

J’ai essayé de me rebeller, mais les coups reçus, m’ont fait rentrer dans le rang.

J’ai essayé d’être libre, mais tu m’as coupé la gorge, ou pendu parce que toi, l’homme, tu l’avais décidé.

Vous avez fait les lois, au nom d’un dieu.

J’ai reçu des coups et vous, hommes, qui avez pris ma déposition, vous avez ricané, silencieusement, en me demandant, ce que j’avais fait à ce mari, pour qu’il en arrive là.

Mon corps de petite fille a été souillé par vous hommes, qui m’avez volé ce que je ne connaissais pas encore, la caresse de l’amour d’un homme qui m’aimerait.

Je m’en suis remise parce que la femme est forte, son énergie qui soutient, qui cajole, qui enfante, parce que un jour j’ai décidé que je ne subirai plus les grossesses, qui un jour m’ont tuée, sous les outils d’une « faiseuse d’anges ».
Et, j’ai caressé, moi l’épouse, « ta » femme, mon ventre arrondi, en te regardant, toi qui m’aimait, le futur père de cet enfant que nous aimions déjà, nous avions choisi ensemble le moment ; parce qu’une femme a eu le courage d’affronter les hommes qui faisaient jusque là les lois pour « le bien »des femmes qu’ils n’étaient pas.
Cela ne t’a pas empêché de me battre, de me salir, parce que tu crois que les coups sont autorité, ne sont-ils pas plutôt lâcheté et faiblesse ?

Je suis une petite fille, je suis une adolescente, je suis une femme, je suis une mère et cela depuis tant de millénaires. Malgré vous hommes qui avez tant de fois bafoué ce nom FEMME.

Moi la femme et la mère, Je Suis malgré vous qui avez tant de fois cherché à me détruire, à me casser, m’obligeant à vous obéir, à me faire courber l’échine, pour vous prouvez que vous étiez fort et homme.

Ce que vous ne pouvez comprendre, hommes, c’est que oui, vous nous avez tuées sous vos coups, oui, vous nous avez salies, oui vous nous avez et imposez encore vos lois et vos diktats, mais, jamais vous ne pourrez ôter la liberté que nous avons en nous, malgré vous et qui nous fait vivre et avancer depuis tant d’années.

Nous vous aimons hommes, comme vous nous avez aimées et nous aimerez encore, alors s’il vous plaît arrêtez de me fêter en une seule journée.

Je Suis la femme, je Suis l’épouse, je Suis la mère, Je Suis Amour, respectez moi chaque jour, parce que JE SUIS femme, donc je suis VIE.
C.F.
Texte inspiré par la journée de la femme du 8 mars 2008

vendredi 29 février 2008

La terre vous parle


La terre vous parle-t-elle ?
Vous est-il arrivé une fois d' entendre la Terre parler ?
Moi oui .... Partout où je suis. Elle n' arrête pas de me poursuivre, dans mon réveil, dans mon sommeil, sous ma douche, quand je marche, même quand je mange !
Elle est même sur ma table, elle n' arrête pas de me parler :

" Vous me fatiguez, vous m'épuisez, vous me déchirez avec vos bombes ...
Vous me poignardez avec vos missiles, vous faites trop de bruit ;
Je vous donne à boire, je vous donne à manger, et certains trouvent le moyen de laisser les autres mourir de faim ...
Je vous allaite dès votre naissance, et à la fin de votre vie, je vous reçois, je vous accueille, je me fais lit pour votre repos.

Je vous sucre, je vous pastèque, je vous aubergine, je vous amande, je vous mandarine, je vous fleure, je vous jasmine.
Je vous donne mes odeurs pour vous égayer,
Je vous emmène dans ma mémoire jusqu'à vos ancêtres.
Je me tapisse de neige pour vous distraire et de sable pour vous plaire.
Je me grotte, je me roche, je minéralise, je cicatrise vos blessures.
Je vous donne les fruits de mes entrailles,
Je vous porte, je vous emporte,
Je vous supporte, je vous transporte ...

Sur chacun de vous il y a mes empreintes, mes couleurs et mes accents ...
C'est par ma forme que sont formés les gestes de vos mains quand vous mangez,
De vos pieds quand vous dansez .
C'est sur moi que tout s'appuie ... votre équilibre vous me le devez.
Ne vous ai-je pas ouvert mon ventre pour répondre à vos besoins ?
Satisfaire vos caprices ?
Abriter vos corps ?

Si je disparaissais, où pourriez-vous planter vos arbres ?
Si je retirais mes eaux que pourriez-vous boire ?
Si je voilais mes beautés, que pourriez-vous voir ?
Si j' emportais mes céréales, mes fruits, mes forêts, mes océans, sur quoi iraient se poser les oiseaux ?
Sur quoi iraient courir les chevaux ?
Comment iriez-vous peindre vos gloires, vos victoires, vos guerres, vos misères, vos haines et vos amours ?

Quand vous suffoquez, qui vous aère ?
Quand vous vous chagrinez, qui vous console ? Vous cajole ?
Je me laisse labourer, vous me goudronnez,
Je me laisse vidanger, vous me nucléarisez ...

Attendez-vous à voir mes rivières sécher, mes montagnes s' écrouler ...
Ah je vous connais, ceux que vous avez enterrés m' ont tout raconté de vous.

Vous ai-je déprimés avec mes jardins ?
Vous ai-je stressés avec mes parfums ?
J' étouffe ...

Allez vous enterrer ailleurs, votre mort n' est plus dans ma vie.
Vous voulez le ciel, allez-y ! Grimpez dans l' air ... réinventez-vous une existence, mais sans moi.

Quand je suis arbre, vous me coupez.
Quand je suis céréale, vous me brûlez.
Quand je suis eau, vous me polluez.
Quand je suis fertile, vous me gaspillez.
Quand je suis Afrique, vous m'affamez.
Quand je suis pétrole, vous me pompez.
Quand je suis Nord, vous me modernisez.
Quand je suis Sud vous me sous-développez ...

Je n'en peux plus !
Qui pourra me ressourcer ?
Quel autre peuple pourra m' habiter ? "

Vous est-il arrivé une fois d' entendre la terre parler ? Moi oui ....

Raouf Ben Yaghlane -Vinciane Allebroeck - 28/02/2007

dimanche 17 février 2008

Ame

Avril 2007

Ame cachée, âme secrète,
Ame fâchée, âme en fête.
Ame centre de la vie de l’homme
Ame vivante, âme morte
Ame sans âme, âme sans cœur
Ame sans vie, âme qui vit
Ame muette, âme bavarde,
Ame sans mot avec des maux.
Ame douceur, âme piquante
Ame souffrante, âme guérie
Ame liée, âme dé-chaînée
Ame amie, âme son ennemie
Ame sereine, âme en peine
Ame en quête, âme arrivée
Ame déchue, âme évolue
Ame aimante, âme gagnante

Ame es-tu là ?

Quatre éléments

Eau qui lave les chagrins, eau qui abreuve les assoiffés, eau limpide ou boueuse, eau tu es vie si tu bouges, tu es morte croupie.
Eau qui berce de ton chant si doux mon âme qui entend le clapotis de l’Amour.
Eau qui noie le chagrin de tes souffrances.
Eau qui baptise l’union des retrouvailles, eau qui me baigne d’amour pour ces épousailles.

Eau source de vie, source d’union si tu le désires, toi qui y trouve ta force si tu le désires, eau qui te noie dans les souffrances que tu ne veux pas exprimer.
Eau qui fait ta force, puises-y ta volonté d’éclairer de mille feux, l’eau devient ton lit de noce avec la terre, le feu et l’air.

Eau, terre, feu, air, éléments de tes retrouvailles, un seul manquant et la force est inégale,
il manque il manque ce quatrième élément
Eau, sans toi, tes sœurs ne sont rien, elles sont, mais la ronde formée ne peut respirer l’Amour sans toi la force d’eau
L’eau que tu as bue, l’eau pure dans laquelle tu as baigné, plonges-y et gorges-toi de sa force.
La force manquante est ton eau, ton essence, ta gloire et ton éternité.

Plonge enfin, dans l’Amour, les lumières des épousailles t’accompagnent et tes sœurs témoins de ta noce, sont là,
Attentives à tes pas, elles savent ta fragilité, ta honte,
Lave toi dans l’eau si pure elle te fera oublier la haine dont tu fus vêtue, et le manteau qui te parera, sera léger, celui de l’amour, le vrai, l’Universel.

Laisse tomber celui que tu portes depuis tant de vies, celui si lourd qui t’a fait trébucher maintes et maintes fois, t’encombrant plutôt que te réchauffant.
La froideur de ce manteau, t’en souviens-tu, toi qui n’as su te réchauffer qu’auprès de l’Ombre qui t’as offert un feu si éphémère que tu as gelé ton amour ?
Ce manteau si sombre ôte le, comme une vieille peau qui te fait mal
Ce manteau qui t’a caché de la lumière, parce que tu as cru aux scintillements de l’Ombre, du faux pouvoir, de la haine, de l'aveuglement.

Le manteau léger dont tu dois te parer est celui de l’amour, de la vérité, le tien, celui que tes sœurs t’offrent pour te couvrir d’amour et te réchauffer au creux de leurs âmes;

Le feu te réchauffera d’amour, le vent asséchera tes souffrances, la terre t’accueillera dans son sein, et tu les retrouveras, toi, eau, qui les abreuveras enfin de ton amour, celui que tu n’as jamais perdu, celui de ton âme, celui de Faldona.
Souviens-toi de ce chant si doux qui vous berçait, celui de l’union, vous étiez quatre, tu t’es perdue dans les chemins caillouteux de tes vies, laisse toi bercer par l’amour de tes sœurs qui t’appellent, elles sont là, ne l’oublie pas.

Va Faldona, va, rejoins les sans honte, allume ton âme de mille feux, laisse l’ombre qui te refroidit, va, reviens vers ce que tu n’as jamais perdu, l’amour de tes sœurs.

pour Faldona, décembre 2006

dimanche 10 février 2008

Sur le macadam


L’homme allongé sur le macadam mangeait des fraises.
A ses côtés, une très longue chevelure rousse enveloppait le corps nu d’une diablesse aux longues mains quasiment diaphanes, posées sur ses genoux : elle méditait ; offrant sa beauté aux passants interloqués qui n’osaient s’arrêter, pour goûter à cette insolence des corps exposés.


L’homme prenait délicatement chaque fraise dans une coupe et, d’un geste lascif, la portait à sa bouche charnelle, teintée carmin par le jus de la fraise.
Les lèvres entouraient ce fruit, et d’un coup de dent sec, croquait. Le jus coulait le long de ses commissures. Son index droit, essuyait lentement cette coulure, d’une façon absente, il ne fallait pas que ce geste se substitue au plaisir sensuel que semblait lui provoquer, le jus de la fraise qu’il avalait.
Les passants les plus hardis, de loin, par fausse pudibonderie, regardaient. Cachés derrière leur lunettes de soleil, seul écran pour dissimuler leurs émois, réveillant pour certains une libido, qu’ils croyaient endormie depuis si longtemps, devant ce délicieux tableau.
Un léger frisson parcouru le corps dénudé de la jeune femme. Un homme s’enhardit et d’un geste vif, attrapa une étole de satin inutilement à terre et la jeta, plutôt qu’il ne l’enveloppa, sur la jeune femme, comme l’artiste couvre son œuvre.
Par ce geste plein de mansuétude, il a séparé ce couple enlacé, qui goûtait leurs lèvres. Il venait de casser les phantasmes de certains de ces spectateurs qui, debout, immobiles, silencieux, admiraient depuis un moment ce tableau vivant, posé dans la rue, telle une oeuvre d’art.


Consignes du texte : Ici

samedi 2 février 2008

Hymne à la Terre


O Terre, ma patiente et sombre mère, ta richesse n'est pas infinie.
Tu te fatigues à nourrir tes enfants; mais la nourriture est rare.
Les joies que tu nous offres ne sont jamais parfaites.
Les jouets que tu fabriques pour tes enfants sont fragiles.
Tu ne peux satisfaire nos insatiables espoirs ; te renierai-je pour cela ?
Ton sourire assombri par la douleur est doux à mes yeux.
Ton amour, qui ne connaît pas d'accomplissement, est cher à mon coeur.
Ton sein nous nourris de vie, non d'immortalité ; c'est pourquoi tu veilles sur nous.
Depuis des siècles tu composes des harmonies de couleurs et de chants et, cependant, ton paradis n'est encore qu'une triste ébauche.
Tes créations de beauté sont voilées du brouillard des larmes.
Je verserai mes chants dans ton coeur muet et mon amour dans ton amour.
Je t'adorerai par le travail.
J'ai vu la douceur de ton visage et j'aime ta lamentable poussière, ô mère Terre.

Rabindranath Tagore

Chant de la merci


À tous ceux qui très loin sont captifs
Dans le silence ; aux âmes enchaînées
Par la longueur des muettes années
En nul ne sait quels abîmes plaintifs ;

À ceux dont l’ombre a tant de murs sur elle
Qu’ils n’ont jamais pu donner de nouvelle
De leur nuit noire aux gens qui sont dehors ;
Ceux pleins d’appels dont nulle voix ne sort,
Dont le secret cherche un mot qui l’emporte ;

Ceux dont le cœur bat sans trouver de porte,
À tous ceux-là - je ne sais pas combien -
Je viens. Je suis petit oiseau, je viens.
Je viens, je suis moucheron, un rien frêle.
Une aile. Et j’ouvre et je donne mon aile
Pour alléger leur épaule et mon chant
Pour délivrer mon âme à travers champs.

Je viens. J’ai pris dans leurs fers, à leur place,
Leur cœur en moi pour m’envoler avec.
Je suis le pleur jailli de leurs yeux secs,
Je souffre en eux, je lutte, je suis lasse,
J’ai faim. Je tremble en des rêves tout bas,
J’ai peur... Je suis ce que je ne suis pas,
Ce que je suis peut-être - jeune fille
Que le printemps entête et qui vacille
Avec ce cœur lourd de divin ennui
Qu’on ne peut pas porter seule - je suis
Celle blessée entre toutes qui pleure.

Et je serai les pauvres tout à l’heure.
Quand je suis eux je ne dors pas la nuit -
J’irai criant, pour qu’un cri nous soutienne,
Mes maux - les leurs - nos tâches, nos soucis
Avec leur bouche pauvre, pas la mienne.

Je serai vieille, veuve... morte aussi
Avec les morts. Je serai, quand la route
Fuit sous ses pieds, pâle, celui qui doute,
Tombe renversé dans le noir de Dieu
Et ne peut plus remonter au milieu
De ses dociles et douces prières.

Je serai lui - peut-être moi derrière,
Dans son abîme - Et peut-être, au bord bleu
Du Paradis, je serai sainte un peu
Pour ceux des saints emmêlés en ce monde
Les plus petits - dont la chantante foi
Veut s’envoler mais qui n’ont pas de voix.

Je viens, je suis, folle ou triste à la ronde,
Tous ceux qui sont...
Et quand je serai moi,
Moi toute seule, aride, sans génie,
Seule au lieu morne où la route est finie,
Seule au moment où le ciel obscurci
Ne s’ouvre plus ; quand, sans être entendue,
J’aurai ma voix et mes ailes perdues,
Déjà peut-être elles sont loin d’ici -
Quelqu’un viendra. Je l’attendrai dans l’ombre,
Un frère, un cœur entre les cœurs sans nombre,

Quelqu’un à moi viendra pour la Merci
Aider mon âme à se sauver aussi.

Marie Rouget

Dieu

Oui Dieu est un être et plus encore l'Être absolu, l'essence de l'être ou l'être de l'être sans lequel absolument rien ne peut exister la moindre fraction de mille seconde ; et Il est même "quelque chose" à quoi ne ressemble nulle chose connue ou inconnue.
Quant au "soi" c'est un être contingent qui se croit absolu.
Anonyme

Adage japonais

Ne perds pas la mémoire, car là où la mémoire est vivante, l'arbitraire ne règne pas.
N'oublie pas les chevaux écumants du passé, du fond des temps ils ont galopé jusqu'à toi et jusqu'à moi ; ils sont harassés et couverts de sueur ; depuis les steppes interminables des temps, ils nous ont rejoints dans l'aujourd'hui.

Sri Aurobindo

L'Homme est un être de transition ; il n'estpas le stade ultime ni le couronnement de l'existence sur la terre...

Satprem

"Le Mensonge est une invention de nos yeux, le Mal est une invention de nos yeux ; la douleur, la seule douleur, en vérité, est de ne pas voir du bon côté, car, si, une seule seconde, nous pouvions voir ce qu’est le monde vraiment sans tous nos faux regards de bien, de mal, de oui, de non, nous serions guéris à jamais, et le monde, sans changer une seconde de ce qu’il est en cette minute cruelle et obscure, serait complètement autre. C’est un voile de Mensonge sur une Réalité inimaginablement belle."

"Ça ne sert à rien de parler,il faut comprendre…Comprendre, ça ne veut pasdire savoir, ça veut dire être dedans."

Epitaphe anonyme XIème siècle

AU DIEU TOUT PUISSANT
DIEU DE TOUS LES PEUPLES
ET DES CHEFS DES ANGES ET DES NATIONS
TOI QUI ES HORS DU TEMPS ET DE L'ESPACE
ET QUI GOUVERNES TOUT
SELON LE POUVOIR DE L'AMOUR
TU ES EN MEME TEMPS
À L'INTERIEUR ET A L'EXTERIEUR
AU-DESSUS ET EN DESSOUS
ET QU'EN TOUT SEIN
SOIT MAGNIFIEE LA SAINTE TRINITE
POUR LES SIECLES DES SIECLES

mardi 29 janvier 2008

Dans la lumière des saisons, Charles Juliet

Les seuls chemins qui valent d'être empruntés sont ceux qui mènent à l'intérieur.

Celui qui veut à toute force se rendre libre a beaucoup à souffrir et à se battre. Mais si un jour il arrive à jeter bas les murs de son cachot, puis à déboucher en pleine lumière, il lui est donné d'accéder à une certaine connaissance, et en lui, la peur, la haine de soi, l'angoisse et la culpabilité cèdent la place à une paix, une force, une foi en la vie qui feront que son cercle ira toujours grandissant. Alors sa main dont les doigts étaient comme des serres toujours prêtes à étouffer leur proie, sa main se décrispe, s'ouvre, et il comprend qu'elle ne servira plus désormais qu'à la caresse et l'offrande.

Il faut parfois toute une existence pour parcourir le chemin qui mène de la peur et l'angoisse au consentement à soi-même. À l'adhésion à la vie.

À tout moment la vie abonde, ruisselle, irrigue ce quotidien auquel nous ne savons pas nous arrêter. C'est du plus ordinaire que filtre l'eau de la source. Mais il y a tant à débroussailler avant d'être à même de le comprendre, de l'admettre.

...une des tares de l'humanité : cette incapacité où nous sommes de nous exprimer avec clarté et précision, et de telle sorte que ce qui est formulé ne puisse être interprété. Un homme se raconte, cherche à livrer ce qu'il est, ce qui vit dans son coeur et sa tête, mais que passe-t-il de lui dans les mots qu'il emploie ? Tant d'incompréhension, de souffrances, de drames naissent de ce décalage existant entre ce qu'est un être et les mots à l'aide desquels il a l'illusion de se dire.

dimanche 27 janvier 2008

Tempête



La mer se déchaîne
Elle bat les rochers
Peut-être de la peine
Pourquoi le penser ?

L'écume blanche jaillit
En mille gouttelettes
Elle a peu-être pris
Des petites paillettes pour habit.

Son cri déchire la nuit
Elle se tord en convulsions
Elle n'a pas peur du bruit
Comme quand éclatent des bataillons.

Peu à peu elle s'apaise
Sous un geste imaginaire
Elle cède
Qu'avec Dieu notre père.

Sur l'eau apaisée
Le calme a repris son cours
Elle a maintenant passé
Le plus triste de ses jours.



El Biar, mars 1964

Tristesse

Pieds nus sur la grève
Ne sentant plus les durs cailloux
Il pense à la trêve
Qui l'attend dans le courroux.
Il se dirige lentement vers la très haute mer
Jetant au loin un regard déchirant
Il ne verra plus jamais sa douce mère
Son coeur sera désormais mourant.
Ce soir très tard à la veillée
Le regard perdu dans les mots
Ils reparleront du passé
On ressortira les photos.
Tel est ce jeune adolescent
Qui pareille à une feuille en déroute
Se laisse porter par le vent
Parcourt cette très longue route
La vie
El Biar janvier 1964

Illusions

Illusions...
Perdues, retrouvées
Non ?
Hier encore !
Je vous attends donc.
Oui mais ...bien sûr.
Pourquoi ?

Illusions
Souvenirs, soupirs
Chaudes caresses.
Encore de l'espoir.

Pourtant, illusions...
Peut-être,
Chose certaine
Je t'aime.

Février 1969