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mardi 18 octobre 2016

Attendre



J’attends le bus, le facteur, le train, l’avion, le métro.
J’attends.
Nous attendons toujours  quelque chose, quelqu’un, rien.
J’attends.
J’attends le temps, j’attends un sourire, une lettre, un coup de téléphone, une augmentation.
J’attends.
J’attends un chèque, un colis, les vacances, rien.
J’attends.

J’attends  mon heure, une naissance, un médecin, un procès, d’être grand.
J’attends

Au bout de cette « attends » il y a le temps qui passe.
Chaque fois que j’attends, je perds du temps.
J’attends….
Attends !

Attendre est se mettre en attente de quelqu’un, quelque chose et rien n’est arrivé.
Le facteur est en grève,  l’avion ne décolle pas, le procès est reporté, le colis est défoncé, je me retrouve au chômage, les vacances sont annulées.

La salle d’attente est pleine, j’attends la suite

@Cl. F.  18/10/2016

lundi 16 novembre 2015

Pour tous ceux

Pour tous ceux qui ont perdu un proche, parce qu'il faut y croire
Pour tous ceux qui ont échappé à ces attentats.
Pour tous ceux qui se relèveront malgré leurs blessures
Pour tous ceux qui se laissent endoctriner pour frapper à mort
Pour tous ceux qui pensent que se faire exploser est un acte de bravoure
Pour tous ceux qui ôtent la vie aux autres par leurs actes barbares
Pour tous ceux qui crée des peurs avec leur barbarie
Pour tous ceux qui endoctrinent et envoient des jeunes à leurs places
Pour tous ceux qui oublient que nous sommes forts malgré leur haine
Pour tous ceux qui vendent des armes qui se retournent contre eux
Pour toux ceux qui oublient que l’amour est plus fort que la haine.

Pour tous les Hommes qui savent que la vie est belle, malgré ces immondes attentats.Cl.F.

"Tout ce que j'ai failli perdre
Tout ce qui m'est redonné
Aujourd'hui me monte aux lèvres
En cette fin de journée
Pouvoir encore partager
Ma jeunesse, mes idées
Avec l'amour retrouvé" Jean Ferrat


Le sang coule




La sang coule le long des murs.
Sang de l’horreur, de la peur.
Sang des morts, des blessés, des survivants.
Plaies du cœur, plaies des corps, plaies de l’âme.

Blessés à vie, amputés, survivants, rescapés, amis, famille, témoins, spectateurs.
Vivre, vivre, marcher malgré ces morts, ces amputations, ces plaies béantes qui, pour certaines ne cicatriseront pas : « blessures de guerre ».

Carnage, tuerie, quels sont les mots qui peuvent exprimer ce que les familles, amis, inconnus, un Peuple, ressentent ?
La guerre est là dans les villes, avec ses horreurs, une nouvelle guerre qui n’annone pas de troupe.
Guerre qui ne prévient pas, silencieuse, dévastatrice, comme toutes les guerres.

Tueurs, massacreurs morts, votre sang coule aussi et se lie avec celui de vos victimes innocentes.
Vous, au nom d’un Dieu, d’une cause, perpétrez ces horreurs avec haine dans votre cœur, dans votre sang, dans vos yeux, au nom d’une idéologie politique.

Le sang coule, rouge, celui de la mort, par votre faute, tueurs.
Le sang coule, les larmes rougissent les yeux, la tristesse est immense.

Le sang coule et nous resterons debouts, malgré vous, tueurs qui désirez nous faire coucher en distribuant la peur.
La fraternité des Peuples fait battre les Cœurs à l’unisson, malgré vous.
Le sang coule dans les Corps, dans les Cœurs qui battent à la Vie.Cl.F.

dimanche 11 janvier 2015

Ego noir


Ils sont aveugles et sourds envahis par leurs maux noirs
Ils se noient dans leurs mots de mal être, chutant dans des puits profonds dont ils ont enlevés l’échelle.
Ils se chantent la complainte de la victime au rythme du tambour du mental qui leur hurle chaque seconde qu’ils souffrent.
Ils sont rétrécis et leurs regards ne se pausent que sur Eux.
Grillagés par leur Ego, enfermés dans une forteresse qu’ils ont murée et clament ensuite : délivrez moi, je souffre.
Ils se promènent avec leurs gémissements afin d’alpaguer une écoute dont ils n’ont que faire.

Ne recherchez pas la perche qui vous sortirait de vos eaux glauques dans lesquelles vous prenez plaisir à patauger, vous immerger.
Ce bâton lâché au moment de la prise afin de pleurer, vous faire passer pour victime.

Vous vous parez d’obscurité dans votre chant lugubre.

Sur votre route vous ne voyez pas le soleil qui brille mais le crépuscule qui vous angoisse
Sur votre route vous ne voyez pas la fleur au milieu de la rocaille mais le caillou qui pourrait vous faire chuter.
Sur votre route vous ne vous cherchez que des excuses, la complainte du mal de vivre.
Sur votre route vous ne cherchez que l’ombre de votre ombre, revêtus d’un manteau si épais de noir que la Lumière ne peut vous atteindre.

Sur votre route personne ne vous relèvera puisque vous seuls décidez de rester dans le fossé en chialant : aidez-moi, ce n’est pas de ma faute si je vais mal.
Affalés, bien confortables sur vos chants funèbres vous attendez la mort qui vous délivrerait de vous même.

Vous refusez la joie de vivre en vous agrippant aux basques des mélopées morbides sans musique.
Restez seuls dans la froidure glaciale de votre geôle.
Grelottez aux sons du tic tac de la vie que vous refusez.
Agonisez seuls en vous coupant les ailes du désir de la Vie.

Nous ne sommes pas votre « Radeau de la Méduse ».
Nous vous laisserons couler par lassitude de vos rengaines, dans vos tortures des mots qui vous enchaînent.
Il est temps de vous relever Hommes et de ne plus vous nourrir à la table des Autres, de ne plus tendre la main pour que quelqu’un vous relève.
Apprenez à marcher seuls dans vos douleurs en puisant en vous ce qu’il y a de beau, votre miroir ne vous renvoie que ce que vous voulez voir.

Réagissez à l’appel de votre âme, chaque instant présent vécu est  beau si nous voulons qu’il le Soit.



lundi 3 novembre 2014

Tir au pigeon


-  Taxi ! Vite suivez ce pigeon !
- Comment voulez-vous que je suive ce pigeon avec c’que chtintrable sur le dos ? Je déménage.
Trop de bagages, vous allez m’alourdir avec vot couvée, vos œufs. Ça prend de la place vos plumes ! Veux pas vous froisser.
Et puis ma petite poulette, ça voyage un pigeon, ça vole un pigeon.
C’est pas une cigogne que vous avez pris, mais un taxi –escargot et c’est du lourd.
Çà prend son temps, ça traîne, ça bivouaque au coin d’un potager, ça admire le paysage.
C’est la campagne, pas la ville. Vous vivez dans vos cages à poules, entassés, sans prendre l’air, le temps. Pondre, pondre, z’avez que ce mot dans le bec, sans la qualité du rapport. Z’avez vu la couleur d’vos œufs ? Blancs qui sont, sans couleur, insipide. Un peu d’air de campagne et de soleil  et hop, seront tout frais.
C’est qu’un pigeon... Voudrais pas qu’on m’enlève ma licence traîneau pour suivre un pigeon, et pis, c’est dangereux l’excès de vitesse.

Le coq commence à en avoir assez de la logorrhée de ce taxi qui bave sur les animaux de la ville.
Si je sors mes ergots, ça va saigner. Je me calme, je me calme, sinon je vais crêter rouge.
- Taisez-vous les poussins, on dirait une basse-cour ! Et toi ma poule, arrête de glousser bêtement !

L’escargot agitait ses cornes dans tous les sens, il ne voyait pas d’issue, le pigeon bien malin a pris le sens interdit-escargot. En plus planté en pleine ligne jaune…
Comment rivaliser de vitesse avec un pigeon voleur ?
J’en bave, j’en bave, je ne sais que faire. Je ne peux pas faire marche arrière devant des citadins.
Un tir au pigeon ! Voilà ce que je vais organiser pour sauver ma coquille. A la rapidité de l'éclair il se connecte aux aigles, éperviers, rapaces de toutes familles et organise son premier tir au pigeon.

- Terminus, tout le monde descend !
- Mais nous n’avons pas démarré ! Vous êtes si lent ! Vous nous plantez là, sur-le-champ ?
- Allez, allez, plus vite, va pleuvoir, pas qu’ça à faire, j’ai mes salades et carottes qui m’attendent, je dois sortir les petits qui n’ont pas encore pu se doucher.
Une bande de rapaces va tirer vot’ volatile. Vous’a fait quoi ?
- Nous a pris pour des pigeons. A donné à ma poulette un œuf à couver. Faut pas confondre. On veut lui rendre son œuf, parce que, qui couve un œuf…
- Oui je connais, coupe le taxi. Un peu assez de ces citations qui bavent sur les animaux. Allez je file ventre à terre.
Et puis, je ne suis pas lent, je prends le temps ! 

Selon la consigne 318 : Kaleidoplumes

lundi 20 octobre 2014

Liberté



Le mur s’écroule
Un oiseau perché
Des fleurs…

Au bout du mur la main qui rêve
De l’oiseau libre perché

Au bout de la main, la branche
La branche fleurît la vie

Le mur s’écroule
L’oiseau perché
La branche fleurit

Ce n’est pas le printemps
Le mur s’effrite
Liberté ?
L’oiseau siffle, enfin.

lundi 3 décembre 2012

Jamais le temps


Je suis l’horloge du temps et cette nuit j’ai gagné une heure.
Que vais-je faire moi qui est déjà 24 heures pour faire tourner les aiguilles d’un temps qui passe ?

J’ai décidé de donner cette heure aux personnes qui n’ont jamais le temps.
Jamais le temps ?
Et oui, jamais le temps de ne rien faire.
Je te l’offre à toi qui cours après le temps.
Ne t’ai-je pas si souvent entendu dire :
– Excuse moi, je n’ai pas le temps.

Avec cette heure supplémentaire dans ta vie turbulente, tu vas enfin pouvoir avoir le temps ; le temps de faire quoi ?
De travailler plus encore non ? Puisque tu dis que vingt quatre heures ne te suffise plus.

Je t’offre cette heure supplémentaire seulement pour six mois.
Et oui, je suis ainsi, je reprends ce que je donne.
Pour que tu apprennes à gérer ton temps. Ainsi, tu pourras apprécier ce supplément d’heure lorsque je reprendrai mon heure.

Tu n’auras jamais le temps, je reprendrai donc mon heure, jusqu’au jour où tu comprendras que courir après le temps ne sert à rien.
Ce jour là, tu pourras enfin prendre le temps et tu feras une pause. Le temps s’arrêtera de filer, tu ne regarderas plus ta montre, cela n’aura plus d’importance pour toi, tu comprendras enfin que le temps n’existe pas.

A la fin du temps qu’il t’a été donné, tu diras :
- Pas encore, je n’ai pas eu le temps.

Trop tard, tu avais eu le temps nécessaire d’apprécier cette heure que je t’offrais chaque année, tu la dépensée sans compter.

On n’entasse pas le temps.

Mais toi le pressé, sais-tu d’où vient cette heure que je t’offre pour que tu en fasses plus ?
Je l’ai prise dans le temps qui s’accumule.
Tu sais bien, chaque jour, nous avons un petit décalage de temps et, au fil du temps, j’ai pris le temps d’économiser une heure pour toi qui n’a jamais le temps.

Puisque tu connais la règle du jeu du temps qui file, prendras-tu peut-être le temps de prendre le temps.

Cl.

vendredi 5 novembre 2010

Dis Maman

- Dis maman, pourquoi la terre est ronde ?
Elle est ronde pour ne pas nous blesser lorsque nous marchons, ronde pour permettre de danser autour d’elle une farandole multicolore de tous les enfants qui vivent à l’intérieur de son cœur ; ronde pour ne jamais tomber lorsque nous voyageons ; nous pouvons partir d’ici, et marcher, marcher en en faisant le tour, et hop, nous reviendrons ici.

-Dis maman, pourquoi le ciel est bleu ?
Le ciel est bleu parce qu’il a choisi la couleur des mers et des océans un jour de grand soleil. Il s’est dit, j’aime bien ce bleu et j’aime bien le blanc de ses vagues. Il a aussi choisi le blanc pour ses nuages.

- Dis maman, pourquoi le soleil se lève toujours du même côté ?
Clément, nous avons tous nos petites habitudes. As-tu remarqué que tu te lèves le matin toujours du côté de la fenêtre de ta chambre, à gauche donc ? Le soleil a choisi de toujours se lever du même côté pour que chaque enfant sache, qu’il va se lever. Imagine si un jour le soleil se levait de l’autre côté, tu penserais, tiens le soleil est malade.

- Dis maman, pourquoi les arbres ont des racines ?
Les arbres ont des racines pour se tenir debout, boire, se nourrir. C'est comme toi mon bonhomme, si tu n'avais pas de pieds tu tomberais, si tu n'avais pas de bouche pour boire, tu dessécherais, si tu ne pouvais manger tu tomberais malgré tes pieds et ta bouche pour boire. Si l'arbre n'avait plus de racine, il serait couché, sans vie. Comme grand-père, lorsqu’il s’est couché et ne s’est plus jamais relevé.

-Dis maman quand est-ce qu’on mange ?
D'après la consigne de kaléîdoplumes ici

Jour de grève

- C’est encore bloqué !
Qu’ est-ce qui se passe monsieur l’agent ?
- Un accident, le tunnel s’est effondré au bout du couloir n° 5 et il faut déblayer. En plus grève aujourd’hui, les ouvrières manifestent une fois de plus, elles en ont assez de leurs conditions de travail.
- C’est certain, sortir de jour comme de nuit, qu’il fasse beau ou mauvais, pour pouvoir nourrir la Reine et sa suite qui ne fait rien.
- Vous ne faites pas grève ?
- Et non, pas les moyens, mon mari est handicapé, il a perdu trois pattes et une antenne à la dernière destruction de la fourmilière. C’était un courageux soldat mon mari. Rien, pas une récompense, pas une allocation. Des bouches à nourrir, si je fais grève, mes œufs vont dépérir.
- J’en connais aussi des soldats comme votre mari, ils ne touchent rien. La reine refuse de construire des foyers pour ses vaillants soldats qui doivent continuer à travailler.
- C’est sa suite royale qui ne veut pas, il se prépare une émeute, une rébellion parce que nos conditions de vie ne sont plus ce qu'elles étaient.
- J’en ai entendu parler. Paraît-il qu’il se prépare le déménagement de la fourmilière ?
- Oui, nous avons décidé de ne plus nourrir la suite de la Reine, de ne plus faire leur ménage. Ras les pattes de ces fourmis obèses qui se prélassent, se font nourrir par nous et nous traitent comme des esclaves.
- Mais vous ne pourrez plus vivre sans la Reine ?
- Nous changeons de continent, nous allons nous expatrier pour une autre fourmilière l’endroit est tenu secret.
Eh ! Attention, ne me bousculez pas, vous avez fait tomber mes pucerons !
- Bon faut que j’arrête de discuter, mes antennes frétillent, on m’appelle au bout du couloir pour faire circuler, ça fourmille trop. Je vais être à la bourre !
D'après la consigne de kalïdoplumes ici

dimanche 5 septembre 2010

L'été est fini

L’été est fini.
Non c’est faux, ce n’est pas l’été qui est fini, ce sont les vacances.

Je n’ai pas fait ou défait de sac.
Je n’ai rendu visite à personne et personne ne m’a rendu visite.
Le train train pas toujours musical de cet été n’a en rien été troublé, si juste par mon trouble de passer encore un été vacant de vacance.

J’ai eu envie de vacances familiales, j’ai eu envie de vacances entre amis, j’ai eu envie de partir ne serai-ce qu’une journée, faut pas être trop gourmande.

Début septembre et c’est déjà la rentrée.
La rentrée de qui, de quoi ?
Je sais que les vacances sont terminées puisque tout le monde parle de rentrée. Je ne peux donc pas parler de rentrée, puisque si je rentre c’est que je suis sortie, rentrée de ? D’où ? De nulle part, puisque je suis restée..

Je n’ai pas de souvenir à partager, je n’ai pas envoyé de cartes postales, je n’ai pas téléphoné pour dire je suis bien arrivée, pour être arrivée, il faut être partie et je suis restée.

Je suis une voyeuriste des vacanciers, puisque je me repais de vos récits que je partage avec JOIE.
Bonne rentrée

A l’année prochaine les vacances

Selon une consigne de Kaléïdoplumes ici

samedi 3 juillet 2010

Littérature ?

La littérature ?
N’est-ce pas un truc d’intellectuel ?
En fait c’est quoi la littérature ?
Littérature sous-entend lire.
Lire quoi ?
Lire qui ?
La littérature est-ce lire ou écrire ou les deux ?

Littérature un mot bien abstrait je suis sûre pour beaucoup de personnes.
Il n’y a pas de littérature sans auteur ou sans écrivain.
Auteur : Ecrivain, créateur d'un ouvrage.
Faut-il pour parler de littérature que l’auteur soit reconnu par ? Qui ?
La littérature enferme un auteur avant d’avoir ouvert son livre.
Il est classé, catalogué par siècle, par genre, par mode, par prix littéraire..
Cette littérature est étudiée, livrée à la décortication des profs qui veulent faire découvrir la bonne littérature à des élèves qui ne vont pas forcément accrocher.

La littérature n’existerait pas si il n’y avait pas ceux qui écrivent.
La littérature auparavant s’adressait à des personnes qui s’intéressaient à la lecture, ils faisaient partis de cercles, échangeaient leurs avis, et faisaient la renommée de l’auteur ou le démolissait.
Ils s’appelaient des intellectuels.

Aujourd’hui, il est possible de tout lire.
Alors, bonne ou mauvaise littérature ?
Chacun lit ce qu’il est capable de lire, ce qu’il cherche dans l’évasion d’un livre.
Le livre doit-il être un casse tête-méninges qui fait vendre à outrance des dictionnaires qui décryptent ce qu’a voulu dire l’auteur ?
La littérature donne des prix nobélisés ou pas, la liste est longue de ces prix littéraires qui consacrent un auteur et font des lecteurs. Le lecteur à tort ou à raison achète ce prix, forcément, il doit être bon cet auteur, il a eu un prix.

Littérature, cela me fait penser aux cours que nous avions en classe, décortiquer l’auteur, ce qu’il a voulu dire, ce que nous avons compris ou pas compris, et combien d’auteurs nous on barbés, endormis ?
Un monceau, un tas, un paquet d’auteurs.

L’essentiel n’est-il pas de lire ?
C’est peut-être cela la définition de : qu’est ce que la littérature ? Aimer lire, avoir le plaisir de lire pas grave si l’auteur n’est pas littératurisé.

Le monde peut fort bien se passer de littérature. Mais il peut se passer de l'homme encore mieux. Sartre
Savez-vous qui sont les critiques ? Les hommes qui ont échoué en littérature et en art Benjamin Disraeli

Il ne faut jamais faire de littérature, il faut écrire et ce n'est pas pareil. Christian Bobin
En littérature comme en amour, nous sommes toujours étonnés de ce que choisissent les autres André Maurois
En littérature, le ridicule ne tue plus ; il tire à cent mille exemplaires. Georges Elgozy
Chacun sait qu'il y a, de nos jours, deux littératures : la mauvaise, qui est proprement illisible (on la lit beaucoup). Et la bonne qui ne se lit pas. Jean Paulhan
La littérature est un grand mot, souvent utilisé avec emphase ; alors que c'est avant tout un rendez-vous qui nourrit chacun de nous. Benoît Poelvoorde
Texte écrit selon la consigne e Kaléïdoplumes ici

Au fond du lit

Pas enlevé les bigoudis
Depuis lundi
Au fond de mon lit, je lis
J’oublie

Ma vie s’est rétrécie
Sans lui je suis qui ?
Le canari s’arrondi
Vendredi ?

Aujourd’hui déjà samedi
Se fanent les pissenlits et les soucis
Au fond de mon lit, je me rétrécis
Il est midi

J’oublie tout sans lui
Le canari m’a souri
Un œuf dans son nid
La vie

Youpi demain dimanche
J’ai pas mis de I
Normal, j’ai presque fini
Ma poésie

J’ai ôté mes bigoudis
Brossé les tapis salis par l’oubli
Je me lève ragaillardie
Lui parti me reste le I
de
Je ris sans lui

Note de l'auteur : ce n'est pas une autobiographie, juste une poésie avec des rimes en I.
Texte écrit selon la consigne de kaléïdoplumes ici

Une déposition


- Depuis combien de temps il a disparu ?
- Qui chef ?
- C’est la femme à Gaston qui est venue hier ?
- A dû trop boire la chopine, devait cuver.
- Je vais chez la Marie, pour voir si le Gaston l’est revenu.

- C’est vous l’inspecteur ? C’est pour vous signaler la disparition de notre chauffeur en forêt hier ?
Comme cela aurait abîmé notre jaguar, nous avions loué un vélo-taxi avec une charmante carriole, c’est si champêtre que nous n’avons pas pu résister.

- Un vélo-taxi ? Pas dans la brousse ici. Il a disparu quand ? Brigadier, prenez la déposition !
- Nous logeons au château et c’est notre femme de chambre, elle est du village, qui nous a conseillé ce chauffeur pour découvrir la forêt. nous ne sommes pas équipés pour marcher dans les bois, comme a dit Charles, rien ne vaut un tour de carriole pour ouvrir l’appétit.
Il est venu nous chercher au château à 11 heures. Un vélo un peu vieillot, nous aimons les antiquités, la carriole accrochée derrière, très propre. Nous avions pris notre panier pique nique, et pour lui, une bouteille de vin, la chaleur….Un bon pédaleur qui sait tenir sa place.
- Comment s’appelle t-il ?
- Charles, vous souvenez-vous de son nom ?…. Nous ne l’avons pas retenu.
- Vous venez signaler la disparition d’un chauffeur sans savoir son nom, vous me racontez que c’est un taxi-vélo avec une carriole ! Personne n’a jamais vu un vélo qui fait le taxi ici, brigadier, renseignez-vous. Continuez, vous.
- Nous lui avons demandé de stopper pour pique niquer, belle forêt, l’ai pur, les oiseaux… Notre déjeuner étalé sur l’herbe, c’est si charmant, nous étions affamés, le grand air, la carriole, que d’émotions.
- Au fait, au fait, il a disparu quand ?
- Il était assis pas très loin de nous, buvait au goulot, pourtant nous avions proposé un verre, je lui avais fait une assiette, faut pas être chien non plus. Je lui ai dit, vous reprendrez bien un peu de poulet ? Il s’est levé a enfourché le vélo, soulevé sa casquette en nous criant, bien l’bonjour, je m’en vais.
Nous avons attendu, nous sommes rentrés à pied, la carriole est toujours là bas, nous ne savons pas où d’ailleurs…
- Je résume, un chauffeur sans nom vous a promenés avec un vélo qui fait taxi avec une carriole, un pique nique et disparaît à cause du rab de poulet !
Comment on va l’retrouver çui-là ?
- J’ai une photo, c’est Marguerite qui nous l’avait prêtée
- Brigadier, regardez si vous reconnaissez le sieur.
- Chef, chef, je reconnais le potager. Chef, c’est bien un taxi le vélo, c’est écrit dessus.

Texte écrit selon la consigne de Kaléïdoplumes ici

Un nouveau champion pour le Guinness World Records

Trifouilly Les Canards Boiteux compte parmi ses concitoyens un bien particulier champion, Mr. G. Bienentendu détient le record de l’écrivain qui n’a rien à écrire.
Bien étrange record, nous avons interviewé Mr G.Bienentendu pour comprendre sa démarche.
La gazette des chiens écrasés : Nous avons lu votre livre, et pas compris grand chose, la philosophie qui s’en détache nous dépasse.
G. Bienentendu : Oui je comprends
LGDCE : Pourriez-vous nous parler de votre livre ?
G. Bienentendu : Le contenu est suffisamment clair
LGDCE : Pour vous et nous qui l’avons lu, mais pour donner envie à de futurs lecteurs ?
G Beinentendu : Je n’ai rien à dire
LGDCE : Comment vous est venu cette idée de livre ?
G.Bientendu : A la demande de Kaléïdoplumes-sèches. Je n’ai rien à exprimer et j’ai tenu à en faire part.
LGDCE : Nous l’avons compris en parcourant votre livre. Ne croyez-vous pas que 500 pages, c’est un peu long ?
G. Bienentendu : Non, puisqu’il n’exprime rien au contraire de ceux qui ont toujours quelque chose à écrire.

Chers lecteurs, vous aurez compris que Mr. G. Bienentendu n’a pas grand chose à nous prouver. Nous le félicitons pour son record détenu au guiness book pour le prix de l’écrivain qui n’a rien à dire. Nous vous mettons un extrait de son livre. Bonne lecture.












Texte écrit selon la consigne de Kaléïdoplumes ici


jeudi 20 mai 2010

La solitude

La solitude est une tempête de silence qui arrache toutes nos branches mortes. Khalil Gibran


Depuis quelques temps, j’ai envie de rien. Ce rien représente tout. Tout ce que je ne vis plus, ne suis plus.

Il est fort possible que ce soit cet anniversaire qui me tourneboule. 60 ans, un cap, je me demande si je vais arriver à le franchir plus sereinement.
Cela remet en question ma vie, pou plutôt ma non vie.
Que suis-je ? Une femme sexuellement parlant, c’est à dire ce qui me différencie d’un homme.
Une mère.
Une future grand-mère et là je vais faire hurler les grand-mères et ou futures grand-mères, cela à la fois me fait très plaisir, mais c’est un choc aussi.
Je passe du statut de mère à celui de grand-mère, logique de la vie lorsque l’on a des enfants et surtout des filles. Ce qui est très difficile c’est d’être grand-mère et de ne plus être femme depuis tant d’années.
L’impression d’être une vielle fille rebutante, qui vit seule.
La solitude est impossible à vivre, et pourtant, combien de fois je pense que je ne suis pas la plus mal loti dans cette solitude non voulue.
La solitude d’une non femme, mère-futur grand-mère qui vient de se taper une dizaine de plus, me fait voir que non, je ne peux plus penser que je suis encore jeune.
Je n’ai jamais pensé que je vieillissais, même si bien sûr, je le vois, mais, je ne comptais pas les années qui font que « à mon âge », mon espoir de vivre autre chose que la solitude me parait un sacré pari.
En écoutant Marie-France Hirigoyen qui disait qu’elle a fait une dépression lorsqu’elle a eu 60 ans, j’ai pensé, -ah, logique donc ce que je ressens.
Mon isolement non désiré ne me donne pas envie tous les jours de crier de joie, bien au contraire, plus les jours passent, et plus j’ai envie de hurler.
La solitude n’existe pas, spirituellement parlant, nous ne sommes jamais seuls.
Fort de cette vérité, j’ai essayé de me rendre compte de la « présence », puisque si nous ne sommes jamais seuls, c’est qu’il y a présence.
Rien, je ne ressens pas la présence de quoi que ce soit, et en lisant ceci, je dis, c’est donc de ma faute.
J’ai donc construit ma solitude.
Ce 24 avril date anniversaire m’a fait basculer dans une autre sorte de vie qui à la fois m’a rempli de joie mais me fais aussi sombrer puisque l’envers du miroir est terne. Je suis une femme vieille, depuis des années, ma recherche de travail m’y a confronté, alors que, cela n’est qu’une question d’année de naissance, en mentant sur cette date, je ne serai pas restée 8 longues années au chômage. Premier isolement social qui fait suite à la mise à l’écart volontaire des amis couples, ce qui a entraîné, une préretraite de la femme que je suis, pour une mise à la retraite définitive.
Au rencart depuis des années, je pense que malgré tous ce que j’ai tenté pour sortir de ce placard d’isolement, sauf à aller m’inscrire sur des sites de rencontre, que ce soit pour l’amitié ou pour ne pas finir mes jours comme une vieille femme qui se dessèche dans la solitude, je dois aménager mon placard d’une façon confortable, pas prête de le quitter.
Surtout, surtout, ne pas oublier, spirituellement parlant, je ne suis pas seule, donc, j’ai du chemin a faire encore pour entendre ces mots. La surdité là aussi m’a frappé jeune, puisque cela fait environ 7 ans que je lis et rien compris encore, puisque j’écris, ce jour : je ne me vois pas continuer à vivre dans cette solitude, en étant juste, une mère, une grand-mère, même si cela donne des joies. J’ai eu l’espoir, d’être encore une femme, une amie.
Je ne suis plus rien, je continue à vivre, mais, je n’espère plus devenir autre chose que ce corps qui se trimbale, j’ai perdu l’envie de tout, me disant, à quoi cela sert de vivre ainsi ?
A rien.
Où est le plaisr de faire un repas face à face avec soi-même, chaque jour, ce qui me fait perdre l'envie même du mot.

Vous avez raison, la haut, puisque vous avez toujours raison : c’est de ma faute

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Il y a beaucoup de solitude chez un grand nombre de personnes actuellement. Comment peut-on l’expliquer et comment y remédier ?

« Nous aimerions vous dire qu’actuellement beaucoup d’êtres sont prisonniers d’eux-mêmes ; ils vivent cette solitude parce qu’ils ne savent pas aller vers l’autre. Si déjà vous arriviez à comprendre ce qu’est l’Amour pour vous-même, il n’y aurait pas de solitude ! Si vous arriviez à comprendre à quel point vous pouvez être utile à l’autre, il n’y aurait pas de solitude.

C’est votre vie actuelle qui génère cette solitude, cette frustration, cette tristesse, cette souffrance. Pourquoi ? Parce qu’on vous coupe du monde parce qu’on a mis à votre disposition une télévision, parce qu’on a mis tellement de choses à votre disposition qui vous coupent de l’autre, du voisin, et qui vous font vivre replié sur vous-même.

Tant que vous n’aurez pas compris que la vie n’est pas d’être seul, que la vie est d’être avec les autres, d’aimer, de donner, de recevoir, d’échanger, la solitude demeurera en vous.

Nous comprenons fort bien que des personnes d’un certain âge vivent très durement cette solitude, même celles qui ont des enfants et dont les enfants ne s’occupent absolument pas. C’est votre société qui a créé cela et vous vous êtes laissé enfermer dans cette société, vous vous êtes laissé engloutir par une vie qui n’est pas la vôtre, et cela est relativement récent.

La solitude s’amplifie de plus en plus, que ce soit chez les personnes jeunes ou d’un âge plus avancé. Vous avez cependant la possibilité de rompre avec elle. Investissez-vous ! Il y a tellement d’aides à donner autour de vous, il y a tellement de solitude à rompre ! Vous pouvez le faire au travers d’associations, vous pouvez le faire en apportant une aide ponctuelle à vos voisins. Si vous le désirez, la solitude peut ne pas exister, c’est vous qui la créez."

Quelle aide peut-elle être donnée à la La solitude n'existe pas, elle n'existe que si vous ne vous reliez pas avec le Divin qui est en vous . Solitude ?

"Un être peut paraît solitaire et vivre une vie de richesse totale, une vie de richesse spirituelle ! Si cet être n'a pas la possibilité de se joindre à un groupe sincère quel qu'il soit, qu'il se relie « en direct », qu'il travaille tout seul en projetant son Amour et sa Lumière intérieure sur votre Mère la Terre, qu'il prie aussi intensément pour tous ceux qui en ont besoin, pour tous ceux qui n'ont pas conscience de la valeur énorme de la prière.

Quand vous êtes sur cette voie, quand vous êtes sur ce chemin de Lumière, la solitude n'existe pas. Si vous êtes en état de solitude, c'est que vous n’êtes pas encore tout à fait éveillé. Sur ce chemin vous pouvez avoir mille et un compagnons visibles ou invisibles. Vous avez à votre disposition beaucoup de possibilités pour vous exclure de la solitude.

Nous aimerions dire ceci par rapport à la solitude : l'homme moderne vit effectivement dans une très grande solitude, même au sein de sa propre famille, parce qu'il a oublié les choses essentielles de la vie: la communication et l'échange.

Tant qu'il n'aura pas compris que l'homme a besoin de son frère pour l'écouter, pour dialoguer, que la télévision n'est pas l'idéal pour son élévation, que c'est dans l'échange qu'il pourra trouver le bonheur et la paix, l'homme se sentira seul.

L’homme peut se sentir seul dans une foule immense ou dans une grande famille ; c'est à lui, à ce moment-là, de trouver un frère de coeur avec qui il pourra échanger, partager la nourriture spirituelle, celle dont il a tellement besoin.

Vous savez nourrir vos corps, mais vous ne savez pas nourrir votre âme et cela vous procure parfois un très grand manque.

Nous répétons encore ceci : actuellement il est à votre disposition beaucoup d'ouvrages très sains qui peuvent vous nourrir spirituellement, qui vous ouvrent en grand les portes nécessaires à une nouvelle compréhension, à une nouvelle acceptation, à de grandes ouvertures, mais c'est à vous à faire la démarche. »

Message reçu par Monique Mathieu : site : du ciel à la terre

vendredi 23 avril 2010

Coïncée


- Je cale, je sèche, je n’y arrive pas. Je crois que je suis coincée dans la musique, j'en perds l'appétit.
- Coincée dans la musique ? Je ne te vois pas pourtant sur le fil de mes notes que je siffle.
- Tu ne peux pas comprendre, toi qui vole les courants d'air ; tu es libre, tu respires, tu vois le soleil. J’en ai assez de vivre prisonnière enfouie sous des draps de poussière de bois de musique. Je suis fatiguée de sursauter chaque fois qu’un marteau s’écrase sur l’acier.
- C’est vrai, je ne dépends de personne, je vais, je viens, je plane, je survole, j’hésite, je me pose, je siffle, je réchauffe mes plumes au soleil. Je contemple l’horizon.
Mais... c’est toi qui as choisi ce piano.
- Choisi, choisi… Je suis allée au plus simple, il fallait que je me loge, j’avais mes oeufs à déposer. Mais, la musique, la musique, ces salles vident, le piano, je voudrais changer de nourriture.
- Il est bien vieux ce piano, cela fait longtemps que tu y es consignée ?
- Pas si vieux, il sentait bon la nouveauté, comment aurais-je pu penser qu’il allait traverser le plancher bouffé par mes congénères.
Aide-moi à trouver le chemin de la sortie et rejoindre ma famille, celle qui vit dans le tas de bois d’à côté. De l’air, de l’air.
- Peux-tu montrer le bout de tes antennes ?
- Aïe! Tu m’as pincée, mais que fais-tu ? J’étouffe, je tombe….
- Je suis désolée, j’avais faim, ce que tu ne pouvais voir consignée dans l’ombre de tes copeaux de notes, c’est que je suis une alouette blessée par la vie, j’ai brûlé mes ailes dans la liberté et je n’avais plus rien becqueté depuis un moment.

Texte écrit selon la consigne de Kaléïdoplumes : ici

Bénédictions

La bigote a la bougeotte
Elle se balance, elle bout
Elle bafouille son bénédicité
Un bellâtre a pris son banc.

Bougrement balancé le bonhomme
Ses biceps aux rayures bayadères
Laissent bouche bée Blanche
- Bénissez-moi… j’en bave….

Coiffée d’un bonichon bleu
Acheté à la bonneterie, Au Bonheur-du jour
La bonne, rajuste ses binocles
Ébahie par de si belles bacchantes.

Elle brûle d’un bécot bref
Bouleversée, elle bondit
Bredouille
- Bénissez-moi…j’embrasse….

Blanche balaye ces baguenauderies
De vieille baderne de cul-bénit
Comme c’était bon de s’embraser
- Bénissez moi, bénissez-moi…

Texte écrit selon la consigne de Kaléïdoplumes :ici

Mes biens chers frères, mes bien chères soeurs

Sur la route de Memphis

Mes biens chers frères,
Mes biens chères sœurs,

Le printemps est enfin de retour et, dès que le printemps revient pourquoi ce grand vide quand je pense à nous ?
Je vous écrit cette lettre parler d’mavie, c'est rare quand ça m'arrive
Quelles nouvelles ? Oh un tout petit rien, Hier encore j’ai perdu mon temps à faire es folies.
Comment avais-je pu accepter cette chasse à l’homme dans cette cambrousse perdue au fin fond de l’Ohio ?
Une nuit noire était tombée sur la petite ville, le bar allait fermer.
Je savais bien que Dieu était un fumeur de havane, mais la lourde fumée qui flottait piquait bougrement les yeux.
Une fumée de havane ? Un relent de vieille gitanes sans filtre plutôt.
J’écoutais en soupirant la pluie qui ruisselait sur les carreaux et ne poussait pas les gens à sortir dans la nuit froide de l’oubli.
L’humidité constante en ce mois d’août m’avait obligé à mettre ce vieux pull bleu marine, tout déchiré aux coudes.

Cela faisait un moment que je sirotais un whisky infâme, en lorgnant les p’tites pépées dans leur robe de cuir comme un fuseau.
Fallait pas que je rate le départ des deux olibrius que je suivais.
J’avais pu voir chez celui aux yeux couleurs menthe à l’eau (regard aussi plat que son électroencéphalogramme) qu’il ne savait pas que je le collais aux fesses depuis trois jours.

Le barman avait annoncé qu’il fermait, j’allais pouvoir me lever. Les jambes coincées sous cette table commençaient à me fourmiller d’impatience.
Je m’étais levé un peu raide, c’est vrai que je marche moins bien qu’avant sur ma jambe de bois.

Je les avais laissés sortir, connaissant leur voiture, pas de risque de les perdre.
Toute la pluie tombait sur moi, j’ai mis mon petit chapeau, celui que les filles trouvaient rigolo lorsque j’allais sur la plage pour protéger mon blaire du soleil trop vif de l’été.
Quand te reverrais-je pays merveilleux, où ceux qui s'aiment vivent à deux ?

Un coup de chauffage, de la musique, je ne savais pas combien de temps j’allais rouler, ils devaient chercher une planque pour la nuit.
J’espérais qu’ils ne m’entraîneraient pas sur la route de Memphis. La route est longue, mes pieds sont lourds et, mes paupières lourdes comme du plomb s'écrasent sur la route.

Des arbres, une ligne droite, des arbres, quelques voitures, fallait que je lève le pied, je n’étais pas sur la nationale 7.
Ah douce France ! Comme j’avais hâte de regagner ma Méditerranée aux îles d'or ensoleillées.
La voiture des deux lascars s’était arrêtée sur le bas côté près d’une autre voiture qui avait l’air de les attendre.

J’aimais pas trop, j’avais bien mon pétard dans la boite à gants, mais si eux sortaient leurs flingues, j’étais mort dans la riposte. Je ne pouvais pas me permettre de me garer, trop visible, ma p’tite auto.
Un peu plus loin, je faisais demi tour, les pneus grinçaient, du 360° que je leur faisais faire.

Une immense gerbe de feu m’avait accueilli, une grosse cylindrée noire était en l’air, comme si elle réfléchissait à ce qu’elle devait faire ; rester dans sa pause incertaine ou redescendre ?
La berline avait pris comme tremplin la volkswagen qu’elle avait décapitée au passage.
J’arrivais pas à comprendre ce qui s’était passé.

La voiture rouge que je suivais depuis trois jours était en feu, les deux bougres devaient rôtir dans cette fournaise ; on naît, on vit on trépasse…
Je voulais m’approcher, fallait pas être chien tout de même.
J’allais me ranger, pas trop prêt, il suffisait d’une étincelle, d’un rien pour que j’explose à mon tour.

Alors voilà, c'est la fin du voyage, je coupe le son et l'image.
Céline, toi qui es notre aînée, je me souviens de ce que tu m’avais dit avant que je parte "je te perdrai peut-être là-bas n'y va pas".
Mais tu sais, non je n'ai pas changé je suis toujours ce garçon un peu fou qui te parlait d'Amérique.

Faites du feu dans la cheminée, je rentre chez moi.

Mes bien chers frères, mes biens chères sœurs tout finit par se dire, tout finit par se faire.

Big Bisou, bon baisers d’ici, à mes neveux et nièces de la part du tonton flingueur

Autoportrait, souvenirs, souvenirs

Texte écrit selon la consigne de Kaléïdoplumes : ici

samedi 27 mars 2010

Musique

J’ai mis le baladeur sur l’oreille, histoire de zapper leurs discours
Plus entendre ces bouffons qui nous font monter la pression.
Crescendo de leurs cris, pire que les poules d’une basse-cour.

C’est quoi leur mobile ?

Devraient faire remue-méninges, seraient mieux compris
Par nous autres d’ici, où nos cris sont unis.
J’ai mis le baladeur sur l’oreille, m’évader de cette vie.

Texte écrit selon la consigne de Kaléïdoplumes : Thème:: Le slam
Mots imposée: en choisir au moins 5 parmi les 10 mots suivants:
Mentor-Baladeur -Mobile -Cheval de Troie -Crescendo -Escagasser -Variante -Zapper -Remue-méninges -Galère

samedi 20 mars 2010

Seul

Le pianiste parti, il n’y a pas un seul piano au monde qui se souvienne du récital donné.

Lorsque le premier pianiste a touché mes touches, fait vibrer mes cordes et mes marteaux, après avoir longuement travaillé avec l’accordeur, mon émotion était telle que si j’avais pu, j’aurais versé des larmes.

Je suis seul, comme tous les jours, toutes les nuits dans cette immense salle vide.
Vide de lumière, vide de son, vide de tout.

Mes notes dorment, et j’ai beau essayé depuis tant d’années de me souvenir de la façon dont le pianiste a joué, ce qu’il a interprété, rien, pas un son ne vient.

Moi, qui ne suis jamais remercié, jamais applaudi, moi qui suis tout pour le pianiste, je n’ai pas d’âme, pas de mémoire.
Seul je ne sers à rien.

Je vieillis, et je sais que très bientôt, je vais atterrir dans un musée, ou au pire dans une salle de conservatoire où de futurs non Mozart, vont faire grincer mes notes, déraper sur mes touches et frapper mon clavier à m’en rendre sourd.
Sourd comme Beethoven qui n’avait pas besoin d’entendre ce qu’il écrivait, les notes chantaient sous la vibration que je lui offrais.
Grâce à moi le piano, Beethoven a pu composer. J’étais le son qu’il n’entendait plus.
Et pourtant je ne me souviens jamais d’un récital.

Peut-être est-ce mieux ainsi, parce que trop de notes, trop de sons, trop de vibrato staccato, trop de doubles croches ferait que je pourrais emmener le pianiste dans ma folie du souvenir des récitals.
Cela m’amuserait de me rebeller, alors que chaque pianiste m’impose ses choix musicaux, je pourrais, moi l’instrument (sans lequel aucun pianiste ne serait) l’obliger à me suivre.

Je ne me souviens de rien, juste de l’accordeur qui vient régulièrement me voir, écouter chaque note, me resserrer, me détendre, m’écouter. Parce que depuis tant d’années de service, seul l’accordeur m’écoute réellement.
Le pianiste se contente de jouer et de s'écouter.
Ah bien sûr, il est fier de jouer sur un….
Un quoi d’ailleurs, je ne suis pas une marque, je suis un piano n’ayant pas la mémoire du dernier récital.

Seul au milieu de cette scène, je me demande ce que je fais là.
Je me lèverais bien pour me faire jouer ce que ce dernier pianiste à interprété, me faire vibrer, je me connais si bien.
Hélas, je ne le peux.
Je ne m’entends que résonner et je ne sais pas faire la différence entre un diez et un bémol, le bécarre ou les triple croches qui font que quelques fois, j’ai du mal à suivre.
A suivre quoi… ?
Ce que je n’ai jamais entendu ?
Chaque soir après le récital, ils enferment mon clavier, ma table d’harmonies et je me tais.

Ce silence ne me convient pas, je suis seul, toujours seul, je n’appartiens à personne. Je suis le seul instrument qui reste ici.
C’est ainsi, moi piano de concert, on me trimballe sur roulettes, me place et me déplace et m’abandonne dans le silence après chaque récital.
J’appartiens à cette salle, jusqu’au futur jour de ma mise au rancart.

C’est assez insupportable ces nuits, seul planté sur la scène d’une salle vide ; ces journées, dans le vacarme des bruits d’aspirateurs, du claquement des sièges rabattus, des projecteurs qui font des «essais de lumière», des chiffons qui me frottent pour enlever des grains de poussières qui me gratteraient le dos, des brosses qui font briller mes pédales.
Tout cela pour m’entretenir, me tenir en bon état de conservation, pour le prochain récital.
Mais, seul, toujours seul.

Avez-vous déjà rencontré un pianiste emportant son instrument ?
C’est pour cela que mes lointains ancêtres, le soir du premier concert donné, ont décidé de ne rien garder en mémoire, refusant d’aider un concertiste qui perdrait les pédales en oubliant ses notes.
C’est ainsi.
Le pianiste parti, il n’y a pas un seul piano au monde qui se souvienne du récital donné.

Texte écrit à partir de cet incipit "Le pianiste parti, il n'y a pas un seul piano au monde qui se souvienne du récital donné" et de la photo qui illustre le texte.
Kaléïdoplumes